La chronique de l'actualité

Paris et Francfort se marquent à la culotte pour succéder à la City

le 24/03/2017

Philippe Mudry

Sans attendre les négociations sur le Brexit, pour influencer les conclusions qu’en tireront les acteurs de la City sur le futur lieu de leur implantation, Paris et Francfort se livrent une guerre d’influence discrète mais sans concession pour en attirer le plus grand nombre.

La Commission européenne vient de mesurer combien les sensibilités sont à fleur de peau.

Comme l’Autorité bancaire européenne, l’EBA, basée à Londres, devra déménager, Bruxelles a proposé de la fusionner avec l’Autorité européenne des assurances logée à Francfort.

En lot de consolation, L’Autorité européenne des marchés financiers, installée à Paris, verrait son champ d’action élargi à la protection des consommateurs.

C’est par un tir de barrage nourri que l’idée a été accueillie sur les bords de la Seine, où l’on souligne au contraire la complémentarité entre régulation bancaire et régulation de marché.

Dès lors, pour les institutions de place, regrouper la régulation bancaire à Francfort, où siègent déjà la BCE et le système de supervision unique des banques, c’est faire unilatéralement le choix politique de consacrer la ville comme capitale financière.

Car les banques internationales y trouveront un argument supplémentaire de poids pour faire le choix allemand, d’autant que la facture salariale d’une implantation à Paris risque déjà d’être dissuasive.

Paris n’est pas seule à réclamer l’EBA. D’autres métropoles européennes sont aussi candidates, comme Stockholm ou Milan.

A Bruxelles, on souligne que rien n’est encore fait, et que toute décision sur une localisation relèvera d’un choix politique au niveau des 27 membres de l’Union européenne.

Compte tenu de la sensibilité du sujet, gageons que ce n’est pas pour demain.

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