L’AMF veut plus de fonds propres dans les financements

le 03/07/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'AMF, qui n'exclut pas une seconde vague de correction, estime qu'un recours aux fonds propres limiterait le déséquilibre créé par l'usage de la dette.

Colloque du Conseil scientifique de l’AMF intitulé « ICO, crypto-actifs : quel avenir et quelle régulation ?»
Robert Ophèle, président de l’AMF
(Photo AMF.)

L'exercice a été «particulièrement périlleux cette année tant les derniers mois appellent à la prudence et à la modestie», a souligné Robert Ophèle, le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), lors de la présentation ce jeudi de la cartographie 2020 des marchés et des risques. La stabilité financière est encore fragile. Et l’AMF ne peut écarter une seconde correction : «Les valorisations boursières apparaissent élevées au regard des prévisions de bénéfices».

L’AMF craint une moindre solvabilité des sociétés non financières due notamment à l’accroissement de leur endettement et à la récession qui dégrade leur capacité de remboursement. Elle estime à environ 600 milliards d’euros la dette mondiale pouvant basculer en high yield.

Pour atténuer ce risque, l’Autorité appelle à un «modèle de financement reposant davantage sur les fonds propres». Parmi les solutions envisageables, le fléchage de l’épargne des ménages vers l’économie réelle. Des discussions au sein du gouvernement et avec les autorités publiques (AMF, Banque de France,…) sont en cours.

En dépit de ces préoccupations, l’Autorité a salué la bonne tenue des marchés qui, dans un contexte de fortes tensions, a mis en évidence la résistance du secteur financier. Malgré la volatilité élevée et d’importants volumes de transaction, «les infrastructures de marché et les services de post-marché ont pleinement joué leur rôle», a appuyé Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF.

Sur le marché des actions, la forte volatilité s’est accompagnée d’une dégradation significative de la liquidité. «Les spreads (écarts de prix, ndlr) ont crû jusqu’à 15 points de base (pb) et une profondeur qui est passée de 46.000 euros en moyenne à 14.000 euros au plus fort de la crise », indique l’AMF dans son rapport. Elle souligne également la forte baisse des capitalisations boursières : -13% au premier trimestre 2020 (81.689 milliards d’euros au total).

La dégradation «lente mais non préoccupante» de la liquidité obligataire de ces dernières années s’est transformée en forte tension début mars, pointe l’AMF. Les annonces de la BCE et le programme d’achat de titres ont stabilisé la situation mais à des conditions moins favorables que début 2020. L’écart de prix sur le segment corporate est passé de 45 pb à plus de 250 pb au plus fort de la crise. Sur la dette souveraine, il est passé de 12 à 70 pb sur la même période.

Quant aux fonds monétaires, ils ont su «faire face à des mouvements de rachats records» : 46 milliards d’euros nets ont été rachetés en mars 2020.

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