Bruxelles entend hausser le niveau de la lutte antiblanchiment

le 26/07/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Commission européenne expose dans ses rapports les défaillances des banques et des superviseurs nationaux dans la lutte contre le blanchiment.

Commission européenne Juncker, réunion hebdomadaire à Bruxelles
Réunion de la Commission Juncker à Bruxelles.
(Crédit European Union.)

La Commission européenne a publié mercredi quatre rapports pour soutenir l’effort des autorités européennes et nationales dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement d'activités terroristes. L’emphase est mise sur la nécessité de mettre en œuvre en intégralité les quatrième et cinquième directives antiblanchiment de la Commission Juncker qui ont renforcé le rôle de l’Autorité bancaire européenne. La commissions identifie des défaillances structurelles qui auront besoin d’être traitées.

Le rapport d'évaluation des risques supranationaux pointe des vulnérabilités subsistantes liées à 47 produits et services, dont les distributeurs automatiques de billets privés, le football professionnel, les ports francs et les programmes de golden visas, même si les recommandations du premier rapport publié en 2017 ont dans l’ensemble bien été suivies.

Davantage de coordination
transnationale

Publié tous les deux ans, ce document fournit aux pays membres une actualisation des risques associés au blanchiment et au financement d'activités terroristes. La Commission incite les pays membres à suivre les recommandations du rapport et à mettre en place la cinquième directive d’ici 2020, pour améliorer la coopération entre les superviseurs, pour sensibiliser les entités responsables et pour fournir davantage de précisions sur l’identification de la propriété effective.

Alors que les affaires Danske Bank en Estonie ou ABLV en Lettonie ont défrayé la chronique depuis un an, la Commission a étudié dix cas récents de blanchiments pour pouvoir analyser les défaillances en cause et pour les réparer. Les banques ne se sont pas conformées aux directives antiblanchiment dans un certain nombre de cas. Les autorités nationales ont, elles, réagi dans des intervalles de temps très variés et avec des degrés d’efficacité différents. L’action dans les cas transfrontaliers a été fragilisée par la trop grande dépendance des superviseurs aux structures antiblanchiment nationales.

Davantage de coordination transnationale sera donc nécessaire, notamment avec une coopération renforcée entre les services du renseignement financier, en partageant l’accès rapide aux données entre les services, en trouvant le système informatique approprié et les supports juridiques adaptés pour le partage d’informations.

A lire aussi