L’Autorité de la concurrence préconise des règles assouplies pour les pharmaciens

le 05/04/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’antitrust français veut une évolution du modèle économique des officines pour que leur activité se développe mieux.

L’Autorité de la concurrence préconise des règles assouplies pour les pharmaciens
(Fotolia)

Après avoir ouvert en octobre dernier une consultation publique sur le fonctionnement des marchés du médicament et de la biologie médicale, l’Autorité de la concurrence a rendu hier les conclusions de son enquête sur ces deux segments du secteur de la santé. Ayant constaté un effritement de la rentabilité des officines pharmaceutiques depuis plusieurs années, elle milite en faveur d’un assouplissement des contraintes applicables à la vente en ligne de médicaments «pour permettre aux sites installés en France de lutter à armes égales avec les sites européens».

L’institution souhaite une clarification des dispositions relatives à la publicité pour permettre aux pharmaciens de communiquer sur leurs offres de parapharmacie. Le développement effectif de nouveaux services (téléconsultation, vaccination…) nécessitera en outre l’établissement d’un cadre tarifaire plus transparent. Afin d’accroître la capacité de financement des officines et d’accélérer la création de chaînes de pharmacie, elle considère que la France aurait intérêt à explorer la piste d’une ouverture encadrée du capital des officines, «tout en garantissant le strict respect de l’indépendance professionnelle du pharmacien».

En excluant les médicaments à prescription obligatoire, l’agence propose aussi une diversification «limitée et très encadrée» des lieux de distribution de certaines catégories de produits. Leur vente en parapharmacie et en grandes surfaces améliorerait leur accessibilité, tout en favorisant des baisses de prix pour les patients. Elle invite en outre les pouvoirs publics à réexaminer le modèle d’activité des grossistes-répartiteurs dont la situation économique s’est fortement dégradée, alors qu’ils sont investis d’obligations de service public étendues et coûteuses. Une rémunération en fonction du volume distribué, et non plus en fonction du prix de vente des médicaments, pourrait ainsi être envisagée.

L’autorité estime par ailleurs que les laboratoires de biologie médicale pourraient tirer parti d’une révision de la législation sur la détention de leur capital afin de «permettre à tous les acteurs du secteur de bénéficier des mêmes possibilités de croissance externe». Elle met en avant la possibilité d’une extension de leur implantation territoriale et l’autorisation de remises tarifaires entre laboratoires et hôpitaux. Elle souligne enfin que «toutes ses recommandations, sans exception, préservent l’impératif de santé publique».

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