Londres a déplacé 800 milliards de livres d’actifs en Europe en prévision du Brexit

le 08/01/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Depuis le référendum, les établissements financiers britanniques ont créé quelque 2.000 nouveaux postes dans différentes villes européennes, selon EY. 

Londres a déplacé 800 milliards de livres d’actifs en Europe en prévision du Brexit
Dans le cadre du Brexit, 7.000 employés pourraient quitter Londres pour un centre financier européen.
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Les établissements financiers britanniques peaufinent leurs préparatifs en vue du Brexit. C’est en effet ce qui ressort d’une étude publiée hier par le cabinet d’audit et de conseils EY. Le «Brexit Tracker» porte sur l’analyse de 222 établissements financiers possédant des activités importantes outre-Manche. Depuis le référendum, EY évalue à près de 800 milliards de livres le montant des actifs déplacés de Londres à destination d’un centre financier européen. Pour déterminer ce chiffre, le cabinet s’est appuyé sur les déclarations publiques des entreprises financières britanniques depuis le 23 juin 2016 :  au total, vingt des établissements sondés, dont huit banques d’investissement, six assureurs et cinq gérants de fortune, ont ainsi annoncé des transferts d’actifs de Londres. «Ce chiffre reste encore modeste dans la mesure où l’ensemble des actifs du secteur bancaire britannique est estimé aux alentours de près de 8.000 milliards de livres et pourrait devenir plus important à mesure que nous nous rapprochons du Brexit», signale néanmoins EY. Entre septembre et novembre dernier, neuf entreprises financières ont annoncé qu’elles procéderaient à quelques ajustements de produit en amont du Brexit, selon l’étude. Ces modifications portent sur le transfert des polices d’assurance à destination de nouvelles filiales européennes et la création de nouvelles gammes de fonds européens.

Au cours du dernier trimestre, Paris a fortement gagné en popularité  : 15 entreprises ont ainsi confirmé cet automne qu’elles allaient délocaliser ou ajouter des emplois dans la capitale hexagonale, selon l’étude. Elles n’étaient que 10 dans ce cas-là au cours du trimestre précédent. Dublin bénéficie aussi de l’effet Brexit : 27 entreprises ont confirmé leurs projets alors qu’elles n’étaient que 21 à le faire à l’été dernier. Francfort et Luxembourg ne sont pas en reste : 17 entreprises ont confirmé des projets de relocalisation à Francfort, comparé à 15 durant l’été. Le Luxembourg a également convaincu deux entreprises supplémentaires de renforcer leurs opérations dans le Grand-Duché, soit 16 au total. 

Dans un proche avenir, 7.000 emplois pourraient être relocalisés de Londres à destination d’un centre financier européen, selon EY. Depuis le référendum, le cabinet d’études estime que quelque 2.000 nouveaux emplois ont été crées dans un centre financier européen.

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