Le régulateur s’inquiète du mécanisme d’arbitrage des ETF

le 13/11/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Robert Taylor, président du comité sur la gestion d’actifs de l'OICV, a levé le voile lors du Forum de l'Efama sur les travaux dont le résultat sera publié au printemps.

L’OICV (Organisation internationale des commissions de valeurs, ou Iosco) doit publier d’ici au printemps prochain les résultats de ses travaux sur les ETF. Au cours d’une intervention dans le cadre du Forum de l’Efama à Bruxelles, Robert Taylor, président du comité sur la gestion d’actifs du régulateur international, a levé un coin du voile sur les sujets qui agitent les membres de ce groupe baptisé C5. «Fondamentalement, l’inquiétude ne concerne pas les ETF dans leur ensemble, mais le mécanisme d’arbitrage. La question est de savoir si le mécanisme d’arbitrage est suffisamment solide pour tenir pendant des périodes de grands stress sur les marchés», a-t-il détaillé. «Cela va-t-il fonctionner comme nous pensons que cela devrait fonctionner et les investisseurs obtiendront-ils ce qu’ils attendent ?»

Quel modèle
de traitement ?

L’une des grandes interrogations est de savoir si les ETF doivent être traités comme des valeurs boursières ou comme des fonds. «Si c’est un titre, et que les marchés tournent au vinaigre, l’investisseur sera prêt à accepter le prix qu’il obtiendra sur un marché pour liquider son investissement. Or, nous régulons les ETF comme des fonds Ucits et il y a des actifs sous-jacents», souligne Robert Taylor. «Dans ce contexte, que se passe-t-il dans le cas où l’ETF est suspendu, mais reste coté sur une Bourse ?», s’interroge-t-il. «Ce sont des questions très hypothétiques, mais nous les posons, afin que les rouages du produit soient bien huilés», explique Robert Taylor. Pour lui, le secteur des émetteurs d’ETF ne s’attend pas à ce que les investisseurs viennent les voir s’ils se sentent lésés. Robert Taylor s’interroge aussi sur la relation «cosy» que les émetteurs d’ETF pensent entretenir avec les «authorised participants», et qui, selon lui, n’est pas réciproque.

Toujours dans le secteur de la gestion passive, Robert Taylor a indiqué que l’OICV allait bientôt se pencher sur les indices. «Il existe des inquiétudes sur la montée en puissance des indices. L’idée est de savoir si le secteur est supervisé de manière adéquate.»

Par ailleurs, la semaine prochaine, l’OICV va publier un rapport de consultation sur le levier. L’objectif est de pouvoir identifier la part du levier dans le système et où se trouve le risque pour le secteur de la gestion d’actifs.

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