L’AMF remporte une victoire dans sa lutte contre le trading spéculatif

le 31/05/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’institution a tiré un premier bilan positif de l’interdiction de la publicité pour les options binaires et les CFD à destination des particuliers.

AMF Autorité des Marchés financiers
L’AMF a mené des actions en justice qui ont permis de bloquer en France l’accès à 138 sites illégaux.
(DR.)

La lutte des autorités contre les offres de trading spéculatif porte ses fruits. A l’occasion de la présentation du rapport annuel 2017 du pôle commun de l’AMF et de l’ACPR, la coordinatrice du pôle, Claire Castanet, a dévoilé un «premier bilan positif» de l’interdiction de la publicité pour ces produits, intervenue fin 2016 dans le cadre de la loi Sapin 2. Le rapport pointe ainsi que le nombre de publicités illégales a baissé de 70% entre février et décembre 2017 par rapport aux trois années passées.

«Notre raisonnement était de couper la source publicitaire pour faire baisser l’impact et la tentation du grand public. En mars 2016, l’AMF, l’ACPR, la DGCCRF et le Parquet de Paris avaient déjà communiqué ensemble pour montrer leur détermination à protéger face à des offres inadéquates, dangereuses ou frauduleuses», a déclaré Claire Castanet, par ailleurs directrice des relations avec les épargnants de l’AMF. En parallèle du rappel à la loi de 140 sites, l’AMF a mené des actions en justice qui ont conduit au blocage en France de l’accès à 138 sites illégaux.

L’interdiction publicitaire mise en œuvre par la loi Sapin 2 concerne les options binaires, les contrats qui mettent en avant un investissement direct ou indirect sur le forex, le marché des changes ou celui des devises, et les contrats avec paiement d’un différentiel (CFD) ayant un levier supérieur à 5. Si des ratés ont été constatés, à l’image du site chypriote de trading Plus500, visible comme sponsor sur les maillots de l’Atletico Madrid lors de la finale de la Ligue Europa face à l’OM, la mesure a porté ses fruits. Le nombre de plaintes enregistrées a ainsi été divisé par deux, à 566 contre 1035 en 2016. La baisse est continue et se poursuit sur 2018.

Si le rapport est rassurant concernant les offres de trading spéculatif traditionnelles, l’AMF met en garde en revanche sur les «cryptoactifs». «L’ACPR et l’AMF ont, à plusieurs reprises, alerté sur les risques associés à la commercialisation du bitcoin ou autres prétendues cryptomonnaies compte tenu de l’absence de régulation et de l’extrême volatilité, a souligné Benoît de Juvigny, le secrétaire général de l’AMF. Nous avons aussi constaté un déplacement des arnaques vers ce type de produits, avec les mêmes techniques de vente». Depuis le début de l’année, 697 demandes de réclamation ont concerné ces produits sur cryptoactifs, qui auraient occasionné 14 millions d’euros de pertes.

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