La recherche financière indépendante sonne l’alarme face aux effets négatifs de MIF 2

le 23/04/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Entre la guerre des prix menée par les principaux courtiers sur la recherche et la prudence excessive des gestionnaires, les boutiques indépendantes s’estiment menacées.

recherche financière
MIF 2 a introduit la séparation stricte des frais de gestion et des frais alloués à la recherche financière.
(DR.)

Les fournisseurs indépendants de recherche financière, qui ne sont adossés ni à un courtier ni à une banque d’investissement, ont appelé vendredi les régulateurs européens à la rescousse par la voix de leur lobby. «Il y a des inquiétudes fondées des fournisseurs de recherche indépendants sur le fait que l’objectif central de MIF 2 – offrir aux investisseurs un meilleur rapport qualité-prix et une plus grande transparence sur la recherche financière que les gestionnaires achètent pour éclairer leurs décisions d'investissement - soit déformé et miné par la manière dont le sellside et le buyside [les BFI et courtiers côté vendeurs, les gestionnaires d’actifs côté acheteurs, ndlr] appliquent MIF 2 dans la production et l'utilisation de services de recherche en investissement», souligne le président d’Euro IRP dans l'appel aux régulateurs.

Clarification de la FCA

MIF 2 a introduit la séparation stricte des frais de gestion et des frais alloués à la recherche financière. Jusqu’alors, les courtiers et banques d’investissements proposaient leur recherche gratuitement ou presque et se rémunéraient sur d’autres services, dans le courtage ou les marchés primaires, proposés aux gestionnaires d’actifs ou aux émetteurs. Depuis la mise en œuvre de la directive, la recherche doit être facturée, et pour éviter les abus, des limites strictes ont été mises en place sur les périodes d’essai gratuites, les échantillons et autres bonus que peuvent recevoir les gestionnaires d’actifs.

«Le problème c’est que les sociétés de gestion ont appliqué ces règles de manière trop excessive», explique Maxime Mathon, directeur de la communication d’AlphaValue, la plus importante boutique parisienne. «Il faut faire une différence entre la recherche indépendante et la recherche proposée par les courtiers ou les BFI», ajoute-t-il. Euro IRP souligne dans son communiqué que la Financial Conduct Authority (FCA) a déjà clarifié ce point lors d’une conférence, mais appelle à une clarification officielle.

Le lobby s’inquiète également de la guerre des prix à laquelle se sont livrées les grandes banques sur leur recherche financière, dénonçant leur «tarification prédatrice» et le «financement caché» de la recherche par d’autres services. «La course aux prix bas nuit à la qualité de la recherche et in fine aux clients finaux», observe Maxime Mathon.

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