La BCE pourrait renoncer à ses règles sur les créances douteuses

le 23/04/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

La banque centrale européenne
(ECB)

La Banque centrale européenne envisage de renoncer à imposer des règles qui auraient obligé les banques à constituer des réserves supplémentaires pour couvrir leur stock de prêts non remboursés, au vu des réactions pour le moins négatives que son initiative suscite, indique Reuters. La BCE se demande s'il faut encore prendre des initiatives sur le stock de NPL existants «suivant les progrès accomplis par chaque banque prise individuellement», a indiqué une porte-parole de la BCE, ajoutant que rien n'avait encore été décidé. Le Mécanisme de surveillance unique (MSU) de la BCE se penchera sur la question le mois prochain et une décision devrait intervenir en juin, selon l'une des sources.

Les banques de la zone euro, en particulier celles de Grèce, d'Italie et du Portugal, portent encore un encours de créances douteuses (NPL) de 759 milliards d'euros.

Si les règles envisagées par la BCE étaient abandonnées, la BCE continuerait néanmoins de faire pression sur les banques qui ont des difficultés en la matière en usant de ses prérogatives habituelles, ont déclaré des sources de banque centrale.

Par ailleurs, la BCE fait face à l'opposition de plusieurs membres du Parlement européen, en particulier italiens, et d'autres groupes de pression sur la question des créances douteuses à venir. Les parlementaires font valoir que l'institut d'émission empiète sur leurs plates-bandes lorsqu'elle veut faire adopter des textes valables pour l'ensemble du secteur bancaire, au lieu de s'attaquer aux problèmes au cas par cas.

Une étude d'impact par les services de la BCE, simulant une application des règles de flux au stock des NPL des banques de la zone euro, a mis en lumière des risques pour le système financier. Le MSU est parvenu à un résultat plus rassurant en prenant pour hypothèse que les banques continueraient de réduire leurs stocks de NPL comme elles le font depuis deux ans, conséquence de la pression exercée par la BCE mais aussi d'une croissance économique dynamique de la zone euro, qui aide à emprunter mais attire également les acheteurs pour ce type de créances.

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