L’industrie se range derrière la BCE pour remplacer l’Eonia

le 16/02/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nouveau taux de référence proposé par la banque centrale est largement soutenu par les acteurs de marché. Une consultation plus détaillée sera lancée d’ici avril.

taux de référence Libor
(Crédit Thinkstock.)

Déjà pressentie, la disparition de l’Eonia se précise. L’avènement d’un nouveau taux d’intérêt de référence au jour le jour, calculé et administré par la Banque centrale européenne (BCE), devrait sonner son glas. C’est du moins ce qui ressort des réponses à la consultation lancée par la BCE sur les caractéristiques générales de ce nouveau taux, dont la publication doit être initiée d’ici 2020.

Dans une synthèse des 54 réponses de l’industrie financière, dont deux tiers de banques, la BCE note ainsi que les institutions ayant répondu à la consultation «s’attendent à ce que le nouveau taux de référence soit appliqué à l’ensemble des contrats et des valorisations faisant actuellement appel à l’Eonia». A terme, l’industrie «s’attend largement à ce que le nouveau taux de référence de la BCE remplace l’Eonia et devienne un étalon critique pour le marché».

La question du nom

D’ici là, de nombreuses questions restent à régler, à commencer par trouver un nom à ce nouveau taux, parfois surnommé EBOR, devant «refléter les coûts de financement au jour le jour d’une banque de la zone euro». Une question «importante» pour «familiariser les acteurs de marché» à cette nouvelle référence, estime l’industrie, qui souhaite la voir régler «dans un futur très proche». L’attention que commandent déjà de tels aspects montre que les banques ne croient pas au maintien de l’Eonia à moyen terme et souhaitent avancer rapidement dans la mise en place d’un taux basé sur des transactions réelles plutôt que sur des contributions volontaires d’un panel.

Le type de transactions à inclure dans le calcul du taux ne fait cependant pas encore l’unanimité, une large minorité des institutions ayant répondu souhaitant y voir inclure les certificats de dépôts et les billets de trésorerie à la maturité de 24 heures. Certains y voient une solution au risque que les transactions entre des banques et d’autres sociétés financières se tarissent davantage. L’heure de publication envisagée par la BCE, à 9h le lendemain des transactions prises en compte soit le moment où les bourses ouvrent en Europe, est par ailleurs jugée problématique par certains intervenants, notamment pour des transactions de dérivés et de repo.

La BCE devrait trancher ces différentes questions dans les semaines à venir et ouvrir d’ici avril une nouvelle consultation plus détaillée. Les discussions du groupe de travail sur les taux d’intérêt sans risque en zone euro se poursuivent en parallèle.

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