La SEC ne croit pas à l’impact négatif de la régulation

le 11/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que l’administration américaine veut relâcher la régulation financière, les économistes de la SEC doutent de ses effets négatifs sur les marchés primaire et secondaire.

 Les propositions du Nasdaq sur l’entée en bourse via une cotation directe devraient être publiées aujourd’hui par la SEC.
Le rapport de la SEC avait été commandé par le Congrès en décembre 2015.
(D Ramey Logan [CC BY 4.0])

L’administration Trump, qui a fait de la dérégulation financière l’une de ses priorités, se serait bien passée de ce rapport de la Securities and Exchange Commission. Réalisé par les économistes du régulateur boursier, celui-ci se penche sur l’impact des régulations mises en place suite à la crise financière et vient battre en brèche les critiques régulièrement émises par Wall Street. «Nous n’observons pas de baisse des émissions sur le marché primaire après l’introduction de la réforme Dodd-Frank», écrivent-ils, tandis que «les indications d’un impact des nouvelles régulations sur la liquidité de marché sont contrastées, différentes mesures de la liquidité montrant différentes tendances».

Les émissions primaires d’actions et de dettes ont atteint 20.200 milliards de dollars depuis la signature de la réforme Dodd-Frank, un rythme «cohérent avec des conditions macroéconomiques favorables et un environnement de taux d’intérêt faible». Les économistes de la SEC notent une hausse des émissions via des placements privés, ainsi qu’une progression des introductions en Bourse de petites entreprises (jusqu’à 30 millions de dollars), passant de 17% des émissions entre 2007 et 2011 à 22% sur la période 2012-2016.

Concernant la liquidité, les auteurs observent que les données «suggèrent que ces dernières années les courtiers ont été moins enclins à entreprendre des transactions risquées», mais que ce changement de comportement date de la crise financière, et non des réformes mises en place par la suite. Les économistes prennent néanmoins le soin de souligner «qu’en ce qui concerne le facteur potentiel de la régulation sur les changements observés de liquidité, il n’y a pas de consensus de la recherche sur la direction et l’ampleur des effets de la régulation».

Ses auteurs précisent que les commissaires de l’agence, en particulier son président Jay Clayton nommé par Donald Trump, n’ont pas participé à l’écriture du rapport, commandé par le Congrès en décembre 2015. Par ailleurs, leur analyse s’appuie sur «une revue compréhensive de la recherche récente ainsi que sur des analyses inédites réalisées par les équipes» de la SEC, portant sur des données publiques et internes à l’agence, ce qui peut expliquer «des conclusions différentes par rapport à celles du rapport du Trésor» sur la dérégulation publié en juin dernier. Le Trésor recommandait alors de revenir notamment sur la règle Volcker, interdisant le trading en compte propre des banques américaines, et sur plusieurs normes internationales liées à Bâle III.

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