L’Amafi appelle les candidats à l’élection à renforcer la Place de Paris

le 09/11/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le lobby financier plaide notamment pour la création d'un régime moins protecteur que celui accordé par le droit du travail actuel pour les salariés à hauts revenus.

Tour Eiffel à Paris.
L’Amafi s’affaire pour que Paris regagne du terrain en matière financière en Europe à la faveur du Brexit.
(Crédit EP.)

Les professionnels des marchés français appellent les candidats à la présidentielle à être fermes vis-à-vis de la Grande-Bretagne, à alléger la fiscalité et à revoir le droit du travail pour que Paris regagne du terrain en matière financière en Europe à la faveur du Brexit. L’association française des marchés financiers (Amafi) qui représente notamment les banques d’investissement leur a envoyé une «lettre ouverte», présentée hier et contenant 16 propositions en ce sens.

Aux yeux de l’association, la France doit d’abord faire entendre sa voix au sein de l’Union européenne (UE) pour s’assurer qu’elle n’accorde pas de passe-droits à la Grande-Bretagne. Il faudrait ainsi revoir les dispositifs d’équivalence prévus dans certaines législations financières et qui permettent aux acteurs de pays tiers de mener facilement leurs activités dans l’UE si la régulation de leur pays est jugée comparable à celle de l’Union. A l'avenir, les équivalences devraient être contrôlées rigoureusement chaque année. «Le régime que l’on doit avoir est un régime de précarité constamment révisé avec la laisse courte», résume le délégué général de l'Amafi, Pierre de Lauzun.

La France est aussi appelée à prendre des mesures fortes pour attirer des activités sur son sol. Paris a annoncé une modification de son régime des impatriés et les régulateurs ont mis en place des dispositifs d’accueil. «On parle de choses encore très insuffisantes au regard des défauts de compétitivité qu’on pointe par ailleurs», estime Stéphane Giordano, le président de l’Amafi. L'association plaide pour que l’exécutif, à défaut de supprimer la taxe sur les salaires, en exonère pendant huit ans les nouvelles embauches. Elle défend aussi la création d’un régime moins protecteur pour les très haut salaires. «Dans le cadre des activités de marché, dans lesquelles on peut avoir des adaptations de capacité de production assez rapides, on voit bien que davantage de flexibilité est absolument nécessaire en termes d’attractivité de la Place», souligne Stéphane Giordano.

Sans surprise, l'Amafi recommande d’abandonner le projet de taxe sur les transactions financières européenne. Elle souhaite aussi que le bon financement de l’économie par les marchés fasse officiellement partie des missions du régulateur financier, l'AMF. L’Amafi défend par ailleurs plusieurs mesures pour encourager les investissements longs et en actions.

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