Valdis Dombrovskis se porte au chevet de la réforme structurelle des banques

le 20/09/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Son offre de conciliation pour tenter de débloquer le dossier est accueillie avec scepticisme.

Valdis Dombrovskis se porte au chevet de la réforme structurelle des banques
Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne.
(© European Union)

Dans le courrier qu’il a adressé la semaine dernière au rapporteur du règlement sur la réforme structurelle des banques et que L’Agefi s’est procuré, le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis s’est essayé à l’art de la litote : «Je suis bien conscient que le Parlement rencontre des difficultés à trouver un accord entre les différents groupes politiques», a-t-il écrit au député Gunnar Hökmark. En réalité, les négociations n’ont pas progressé depuis fin 2015, le conservateur suédois et le social-démocrate allemand Jakob von Weizsäcker campant sur leurs positions.

Valdis Dombrovskis a proposé de rencontrer les rapporteurs de l’ensemble des groupes politiques pour «aider à faciliter un accord», une démarche inhabituelle de la part de la Commission. Celle-ci n’intervient qu’une fois la position du Parlement arrêté, comme intercesseur entre les parlementaires et le Conseil des ministres qui, en l’occurrence, attend depuis… juin 2015 d'engager les trilogues.

Cette offre de médiation ne suscite guère d’enthousiasme du côté des parlementaires. «Il n’y a pas encore de rencontre planifiée. Il y aura probablement une réunion pour discuter de la possibilité de continuer», explique-t-on au bureau de Gunnar Hökmark. La députée centriste Sylvie Goulard juge quant à elle le courrier «inopportun». «Aucun accord n’est en vue» et de surcroît «le Brexit rend la négociation encore plus délicate» dans la mesure où le départ du Royaume-Uni aura un impact sur le marché de la banque d’investissement en Europe, dit-elle. L’Allemand Fabio de Masi, du groupe de la gauche unitaire, estime que la Commission cherche à se décharger de la responsabilité de l’échec de cette réforme lancée en 2014 par le commissaire Michel Barnier juste avant son départ. «Au bout du compte si le PPE (centre-droit) et une partie des sociaux-démocrates bloquent la réforme, rien ne se passera», dit-il.

Or le rapporteur socialiste von Weizsäcker, qui bénéficie de sympathies chez les Verts et à sa gauche, a eu du mal à rassembler son propre groupe sur des positions qui tendaient à limiter fortement le trading pour compte propre des banques et à rendre la séparation entre banque d’investissement et banque de détail moins contingente de la volonté des superviseurs. Même si son entourage s'en défend, la démarche de Valdis Dombrovskis est vue par certaines sources comme une ultime tentative avant de jeter l'éponge.

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