Le gouvernement allemand hésite à mettre en place une loi anti-OPA

le 20/06/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la suite du dossier Kuka, visé par le chinois Midea, Berlin veut protéger certaines entreprises technologiques de la convoitise étrangère.

Le dispositif d’amortissement des robots industriels pourrait être pérennisé et élargi aux achats de machines et de logiciels. Robotique ABB France / photo DR.

La volonté de préserver le savoir-faire technologique allemand doit-elle aboutir à l’élaboration d’une loi visant à préserver certaines entreprises d’acquisitions étrangères malvenues ? Berlin n’a manifestement pas encore définitivement tranché cette question. Le débat a pris de l’ampleur outre-Rhin depuis la mi-mai, suite à la volonté du groupe électroménager chinois Midea de prendre une participation significative au capital du fabricant de robot industriel Kuka.

Le gouvernement allemand réfléchit aux mesures qui seraient les plus efficaces pour protéger certains secteurs, ce qui pourrait conduire à modifier la législation existante sur le commerce extérieur et les paiements, rapportait dans son édition de vendredi le Handelsblatt en se référant à des sources proches du ministère de l’Economie. «Lorsque le marché et la concurrence ne sont pas les principaux motifs de l’entrée d’un investisseur au capital d’une entreprise, l’Etat doit avoir un droit d’intervention», indiquaient ces sources.

Les acquéreurs étrangers visés seraient certains fonds souverains, mais également des entreprises bénéficiant de soutiens publics importants de leur pays. «Il n’y aura pas de loi spécifique destinée à Kuka», a néanmoins déclaré vendredi une porte-parole du ministère de l’Economie, sans commenter davantage les informations du quotidien allemand.  

Ces réflexions gouvernementales se poursuivent alors que Midea a officiellement lancé jeudi son offre à 115 euros par action sur Kuka, en promettant d’aider le fabricant allemand à dépasser son objectif de ventes à 5 ans, soit 4,5 milliards d’euros, grâce à un accès élargi au marché chinois et à une diversification vers le marché de la robotique grand public. Le groupe chinois a réitéré sa volonté de prendre une participation minimale de 30% au capital de sa cible valorisée 4,6 milliards d’euros, mais sans retirer le titre de la cote. Il prévoit en outre un financement bancaire de plus de 4 milliards d’euros, selon Bloomberg.  

Kuka, qui dispose de 14 jours pour donner sa réponse, fera connaître son opinion à ses actionnaires après avoir étudié la proposition du groupe chinois. «Les chances de succès de l’offre semblent assez élevées», selon les analystes de Commerzbank qui jugent «improbable» l’intervention d’un chevalier blanc. 

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