Le régulateur américain veut avoir une vision plus complète des marchés actions

le 29/04/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Securities and Exchange Commission a relancé la construction d'un registre des ordres et transactions passés sur toutes les plates-formes.

Mary Jo White, présidente de la SEC.
Mary Jo White, la présidente de la Securities and Exchange Commission.
(Photo SEC.)

Le régulateur des marchés américain veut renforcer ses capacités de surveillance en relançant la création d’une base de données (consolidated audit trail)  regroupant tous les ordres et transactions effectués sur les marchés actions américains, y compris ceux de gré à gré.

Les représentants de la Securities and Exchange Commission (SEC) ont approuvé cette semaine la consultation qui détaille la façon dont les Bourses et les courtiers devront enregistrer et transmettre l’information nécessaire à cette base de données. Celle-ci «va significativement renforcer la capacité des régulateurs à faire des recherches, reconstituer des événements, surveiller les marchés, ainsi qu'à identifier et enquêter sur des mauvaises pratiques», a déclaré la présidente de la SEC, Mary Jo White.

Le régulateur avait déjà promu la mise en place d’un tel système en 2010 dans la foulée du «flash crash» de mai qui avait secoué les marchés américains. L’épisode d’extrême volatilité qu’ont connu les marchés américains en août dernier n’a fait que renforcer la conviction des régulateurs. Même si les Bourses ont déjà des bases de données, elles différent d’un acteur à l’autre et ne permettent pas aux régulateurs d’avoir tous les éléments dont ils ont besoin pour exercer leur surveillance (par exemple de connaître l’identité des clients qui émettent les ordres), ni de suivre l’activité à travers un grand nombre de plates-formes.

«Une fois construite, il s’agira de l’une des bases de données financières les plus complètes et les plus sophistiquées du monde», s’est félicitée Mary Jo White. Le registre qui va être élaboré main dans la main avec les acteurs du marché devrait permettre de suivre toutes les informations sur les ordres, de leur émission, à leur modification, leur annulation ou leur exécution. «La qualité des informations qui seront reçues et conservées par la base sera cruciale à son utilité», a insisté Mary Jo White.

«Les cyber-attaques sont devenues plus fréquentes et plus sophistiquées. Il est essentiel que la base de données protège bien le volume énorme d’informations sensibles sur les transactions qu’elle va regrouper et conserver», a réagi l’association qui représente les courtiers et les banques, la Sifma. Celle-ci insiste aussi pour que les acteurs ne soient pas obligés à l’avenir de transmettre les mêmes données à plusieurs registres différents.

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