Réguler les cryptomonnaies, une fin en soi ?

Le pour : préciser le cadre légal et réglementaire

le 12/04/2018 L'AGEFI Hebdo

Maël Rolland, Doctorant au Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI) - École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

L’absence de régulation implique de laisser les acteurs s’autoréguler. Aussi, la régulation se fait dialectique quand son absence en est une forme spécifique : l’absence de règles est une règle ! Qui laisse les acteurs les plus puissants libres d’imposer aux autres leurs vues. Si la règle est l’avers d’une pièce, son revers représente la capacité à les rendre exécutoires et renvoie aux instances de régulation qui ont ce pouvoir. La tranche, politique, renvoie au cadre légal. Et si la régulation se fait contrainte, elle est tout autant une ressource mobilisable par les acteurs. Un point fixe qui, réduisant l’incertitude, soutient leurs anticipations. De fait, une majorité d’acteurs de cet écosystème souhaite voir le cadre légal précisé. Dans le même temps, l’antienne de l’autorégulation, laissant les acteurs définir les bonnes pratiques, ne semble pas résister à la réalité. Les marchés d’échange de ces crypto-actifs ont vu se développer des comportements plus ou moins frauduleux. Les soupçons de malversations et de manipulations de cours, qui sur les marchés financiers traditionnels seraient illégales (délit d’initié, divulgation de fausses informations, spoofing, washtrading, etc.), ont été étayées par des travaux académiques. Ces pratiques mettent en péril l’activité des acteurs de ce secteur et en ternissent l’image.

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