François Villeroy de Galhau s’attend à un accord sur Bâle III jeudi

le 04/12/2017

La France a été dernièrement le principal obstacle à l'adoption des nouvelles règles dites "Bâle III", qui pourraient contraindre certaines banques à renforcer encore leurs fonds propres pour éviter de nouvelles crises financières.

François Villeroy de Galhau s’attend à un accord sur Bâle III jeudi
(Bloomberg)

Après de longues négociations, un accord sur de nouvelles règles prudentielles pour les banques pourrait être conclu jeudi, a déclaré, lundi, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, en se montrant ouvert à un compromis.

La France a été dernièrement le principal obstacle à l'adoption des nouvelles règles dites "Bâle III", qui pourraient contraindre certaines banques à renforcer encore leurs fonds propres pour éviter de nouvelles crises financières. Des sources proches des négociations avaient dit que le Groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire (GHOS), instance de direction du comité de Bâle, ne se réunirait pas jeudi si un accord n'était pas intervenu de manière informelle.

"J'ai bon espoir que nous finaliserons un accord équitable et raisonnable lors de la réunion du GHOS jeudi prochain", a déclaré François Villeroy de Galhau lors d'un discours prononcé à l'université Waseda de Tokyo.

Les mesures prévues sont pour l'essentiel déjà appliquées et le comité de Bâle s'efforce depuis plus d'un an de mettre en place les derniers éléments d'un accord.

Le compromis envisagé sur ces éléments fixe un "plancher" sur le niveau de fonds propres imposé aux banques, y compris pour celles qui utilisent leur propre "modèle interne" pour calculer ce matelas et évaluer la qualité de leurs actifs.

L'impact de ces mesures pour les établissements financiers concernés pourrait toutefois être atténué par une entrée en vigueur étalée sur plusieurs années.

François Villeroy de Galhau, qui siège aussi au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a ajouté que la priorité maintenant serait de mettre en oeuvre le nouvel accord et de veiller à ce qu'il n'y ait pas de retour en arrière.

"Une dérégulation unilatérale serait rien moins qu'un scénario perdant-perdant avec de graves conséquences pour la stabilité du système financier mondial - ce serait préparer le terrain à la prochaine crise financière - et pour le paysage concurrentiel des banques américaines, japonaises et européennes", a-t-il dit.

Pour le gouverneur de la Banque de France, la montée en puissance du protectionnisme menace le commerce international.

"Nous, Européens et Japonais, épaule contre épaule avec le Canada et d'autres, devons résolument défendre les relations économiques internationales fondées sur des règles et des institutions multilatérales respectées par tous", a-t-il déclaré.

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