Est-il possible d'optimiser l'avantage fiscal pour souscription au capital de PME au sein d'une SARL ou d'une SA existante en libérant le capital progressivement?
Mon client souhaite réaliser une augmentation de capital dans une SARL constituée en 1999.
Cette souscription est éligible à la réduction à l’impôt sur le revenu et à l’ISF pour souscription au capital de PME (articles 199 terdecies-O A et 885 V bis du Code général des impôts).
Il souhaiterait optimiser son avantage fiscal en ne libérant le capital que partiellement, cela est-il possible?
En principe c’est le versement qui ouvre droit à la réduction.
Toutefois, selon le Code de commerce, si le capital doit être libéré au minimum de 1/5ème à la création et totalement libéré cinq années après, en cas d’augmentation de capital sa libération ne peut pas être progressive.
Par conséquent dans de cas de mon client, la SARL ayant été crée en 1999, il y a donc 11 années, l’opération n’est pas possible.
Pour optimiser cet avantage fiscal en libérant progressivement le capital au sein d’une société créée depuis plus de cinq ans, la solution peut être la SA puisque l’étalement de la libération du capital est ouvert, sous conditions, en cas d’augmentation de capital.
MOYEN DE REPONSE
Réduction pour souscription au capital de PME
Le Code général des impôts prévoit deux réductions d’impôts en faveur des contribuables pour souscription au capital de PME:
- une réduction l’impôt sur le revenu (article 199 terdecies-O A du Code général des impôts);
- une réduction ISF (article. 885 V bis du Code général des impôts).
Le bénéfice de l’avantage fiscal est subordonné à la conservation des titres reçus en contrepartie de sa souscription au capital de la société jusqu’au 31décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription.
Les versements ouvrant droit à l’avantage fiscal ISF pour l’année N sont ceux effectués entre la date limite de dépôt de la déclaration de l’année précédant celle de l’imposition (15juinde l’annéeN-1) et la date limite de dépôt de la déclaration de l’année d’imposition (15juin de l’année N). Concernant l’IR, les versements ouvrant droit à l’avantage sont ceux effectués durant l’année civile.
C’est le versement qui ouvre droit à la réduction donc a priori, on peut imaginer que mon client pourra bénéficier de cet avantage fiscal en libérant progressivement le capital de la société.
Modalités de libération du capital d’une SARL
L’article L 223-7 du Code de commerce dispose que:
«[…] Les parts représentant des apports en numéraire doivent être libérées d’au moins un cinquième de leur montant. La libération du surplus intervient en une ou plusieurs fois sur décision du gérant, dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de l’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés. Toutefois, le capital social doit être intégralement libéré avant toute souscription de nouvelles parts sociales à libérer en numéraire, à peine de nullité de l’opération.»
La libération progressive du capital d’une SARL est possible mais encadré par le Code de commerce. En effet, les apports en numéraires doivent être libérés à hauteur d’au moins 1/5ème à la constitution de la société puis totalement libérés cinq années maximum après la date d’immatriculation au RCS.
L’étalement de la libération du capital n’est ouvert qu’en cas de constitution et non en cas d’augmentation de capital (réponse ministérielle du 14 juillet 2003 n°15650).
Mon client ne pourra donc pas optimiser cet avantage fiscal en ne libérant le capital que partiellement puisque la SARL a été créée en 1999, il y a donc plus de cinq ans.
Si on peut envisager une libération progressive du capital pour optimiser l’avantage fiscal lié à la souscription au capital de PME, en l’espèce, ce n’est pas possible en raisons des dispositifs légaux.
Modalités de libération du capital d’une SA
L’article L 225-3 alinéa 2 du Code de commerce dispose que:
«Les actions de numéraire sont libérées, lors de la souscription, de la moitié au moins de leur valeur nominale. La libération du surplus intervient en une ou plusieurs fois sur décision du conseil d’administration ou du directoire selon le cas, dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de l’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés.»
Les conditions de libération du capital d’une SA sont proches à celles d’une SARL. Le capital doit cependant être libéré à 50 % à la constitution de la société, le surplus doit être totalement libéré les cinq ans après son immatriculation au RCS.
L’article L 225-144 alinéa 1 du Code de commerce concerne les augmentations de capital, il dispose que:
«Les actions souscrites en numéraire sont obligatoirement libérées, lors de la souscription, d’un quart au moins de leur valeur nominale et, le cas échéant, de la totalité de la prime d’émission. La libération du surplus doit intervenir, en une ou plusieurs fois, dans le délai de cinq ans à compter du jour où l’augmentation du capital est devenue définitive.»
Concernant la souscription d’actions dans le cadre d’une augmentation de capital, un quart du capital ainsi que la prime d’émission doivent être libérés à la souscription. Le surplus peut être libéré dans les 5 ans suivant l’augmentation de capital.
REMARQUE: la prime d’émission est la différence entre la valeur de souscription (valorisation de la société) et la valeur nominale.
Comparatif modalités de libération du capital d’une SARL et d’une SA
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SARL |
SA |
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Libération du capital à la constitution |
Elle peut être progressive.
A minima 1/5ème doit être libéré à la constitution, le surplus dans 5ans après son immatriculation au RCS. |
Elle peut être progressive.
A minima 1/2 doit être libéré à la constitution, le surplus dans 5ans après son immatriculation au RCS. |
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Libération du capital à l’occasion d’une augmentation de capital |
Elle ne peut pas être progressive. |
Elle peut être progressive.
A minima 1/4 doit être libéré à la constitution + la prime d’émission, le surplus dans 5ans après l’augmentation de capital. |
REFERENCES
- Article 199 terdecies-O A du Code général des impôts.
- Article 885 V bis du Code général des impôts.
- Article L 223-7 du Code de commerce.
- Réponse ministérielle du 14 juillet 2003 n°15650.
- Article L 225-3 alinéa 2 du Code de commerce.
- Article L 225-144 alinéa 1 du Code de commerce.

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