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Getlink veut désamorcer une assemblée générale à risque

le 22/02/2018

Alexandre Garabedian

Getlink donne un gage de bonne volonté à ses actionnaires. Et notamment au plus remuant d’entre eux, le fonds britannique TCI, qui s’est emparé en janvier de plus de 10% du capital de l’ex-Eurotunnel. L’investisseur activiste est désormais le deuxième actionnaire de l’opérateur du tunnel sous la Manche, et l’histoire a montré sa capacité de nuisance. Il avait forcé l’an dernier le groupe Safran à réviser en baisse son offre d’achat sur l’équipementier aéronautique Zodiac.

Dans le cas de Getlink, TCI est resté jusqu’à présent muet sur ses intentions. Mais un élément au moins menace d’agiter l’assemblée générale du groupe le 18 avril prochain. Il s’agit de l’âge du capitaine, Jacques Gounon, l’artisan du redressement de l’ex-Eurotunnel. Le PDG, dont le mandat s’achève au printemps, souhaite rempiler à son poste jusqu’en 2021. D’autant que deux gros chantiers l’attendent : la gestion des conséquences du Brexit, et la construction d’une ligne électrique dans le tunnel sous la Manche qui doit apporter au groupe une nouvelle source de revenus. Problème, Jacques Gounon soufflera ses soixante-cinq bougies en avril et sera atteint par la limite d’âge. Il souhaite donc demander à ses actionnaires de voter un report de l’âge limite du directeur général, de 65 à 68 ans, une perspective que TCI verrait d’un mauvais oeil. Pour mieux faire passer sa demande, le PDG a proposé mercredi de scinder les fonctions de président et de directeur général, à l’issue de ce dernier mandat.

Cette modeste concession suffira-t-elle à désamorcer une éventuelle fronde de TCI ? Le fonds activiste n’a pas réagi à ces annonces. Mais on lui prête d’autres motifs de discorde, qui concernent notamment la politique financière et la stratégie de Getlink. Affaire à suivre, donc.

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