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Airbus, un enjeu de gouvernance particulier en France

le 14/12/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Si la « relève de la garde » qui pourrait être actée aujourd’hui chez Airbus est d’abord un enjeu industriel pour l’Europe, ses conséquences seront aussi considérables en matière de gouvernance.

C’est vrai pour les Etats actionnaires, car Airbus reste une affaire d’Etats, et pour le conseil d’administration, ne serait-ce qu’en raison du positionnement de son président depuis 2013, Denis Ranque.

Celui-ci préside par ailleurs le Haut Comité de gouvernement d'entreprise, qui veille à l’application des règles du code Afep-Medef par les sociétés cotées.

Une bonne gestion du dossier par le conseil aura donc valeur d’exemple, d’autant qu’y figurent d’autres personnalités aussi respectées que Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE.

Pour l’instant, l’entreprise a joué le jeu de la vérité, en révélant elle-même les « irrégularités » qui lui valent les d’enquêtes en cours et les turbulences qu’elle traverse.

Mais une « décapitation » changerait la donne. Il lui faudra d’abord gérer les intérêts des Etats qui, pour n’être plus représentés au conseil, n’en possèdent pas moins 26% du capital.

Obtenir un feu vert, au plus haut niveau, à Paris et Berlin, sur un tandem bi-national apte à succéder au duo actuel Enders-Brégier est un premier impératif.

Le second, tout aussi incontournable, sera que cette nouvelle équipe soit adoubée en interne. C’est un groupe en pleine crise qu’il trouvera, du fait des « affaires » mais aussi des départs, certains prévus et d’autres non, qui l’ont récemment fragilisé.

Du marketing et de la stratégie au commercial en passant par la technologie groupe, ces changements ont touché des postes-clés et déstabilisé un management qu’il est capital aujourd’hui de consolider. 

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