La chronique de l'actualité

Le capitalisme américain ne supporte toujours pas les vaches sacrées

le 13/06/2017

Philippe Mudry

Le capitalisme américain, dans le coté comme le non coté, sait toujours trancher sans délai une situation insatisfaisante à la tête d’une entreprise. Les patrons d’Uber et de General Electric peuvent en témoigner.

Figures très dissemblables mais emblématiques d’America Inc., Travis Kalanick et Jeff Immelt se trouvent tous deux écartés du pouvoir pour manquement à leurs objectifs essentiels.

Jeff Immelt cèdera son fauteuil à la fin de l’année. La nouvelle n’est pas vraiment une surprise.

Après 16 ans de règne, sa succession n’était pas tabou et la nouvelle de l’ouverture d’une procédure en ce sens avait filtré.

Mais son départ ne semblait ni pressé ni souhaité par l’intéressé. Le marché, qui ne s’y attendait pas, l’a bien accueilli par un bond de 3% de l’action.

C’est d’ailleurs le parcours du titre qui a déclenché le couperet. Depuis sa prise de pouvoir en 2001, et malgré un recentrage industriel vigoureux, l’indice S&P 500 a gagné 124% tandis que celui de GE, sa plus ancienne composante, cédait 30% !

Le cas du patron d’Uber est plus frappant encore. Fondateur charismatique et contrôlant une majorité des droits de vote avec ses associés, il semblait inexpugnable.

Mais une crise de gouvernance majeure a décidé son conseil à le pousser à renoncer à la direction opérationnelle.

Harcèlements sexuels, départs de cadres-clés, procès en vol de technologie par son concurrent Alphabet, les ressorts de cette crise sont nombreux et s’ajoutent aux déboires économiques d’Uber qui accumule les pertes pour prix de sa croissance.

Il y a un an, Uber valait 68 milliards de dollars pour ses investisseurs. L’IPO promise pour les rémunérer s’éloigne. Kalanick sait qu’il n’échappera pas au prix de ce mirage.  

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