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Les grands investisseurs ne veulent plus être des actionnaires au rabais

le 02/02/2017

Philippe Mudry

Alors qu’approche l’introduction à la Bourse de New York de Snap, maison-mère de Snapchat, une passe d’armes musclée opose les dirigeants de cette étoile de la high-tech et des poids lourds de l’investissement, au premier rang desquels le géant Blackrock.

Motif : ces derniers en ont assez d’être traités comme des actionnaires au rabais.

Les détails de l’IPO ne sont pas encore publics, mais des indiscrétions laissent prévoir que le réseau social émettra des actions sans droit de vote, réservant les titres avec droits de vote à ses fondateurs.

L’actionnariat à plusieurs vitesses est vieux comme la Bourse mais les stars du numérique ont tendance à en abuser.

Google a relancé la mode en 2004, ce qui permet à ses deux fondateurs de contrôler le groupe avec 12% du capital. Alibaba a suivi la même voie, tout comme Facebook. Uber a déjà laissé entendre qu’il ferait de même lors d’une future cotation.

Mais les grands actionnaires professionnels ne l’entendent pas de cette oreille.

Sous la houlette de Blackrock, premier actionnaire mondial et de loin, seize mastodontes de l’investissement, dont Vanguard et State Street, une brochette de fonds de pension soutenus par l’activiste ValueAct et le fonds souverain singapourien GIC, réclament l’abandon de ce système.

Pour l’association qu’ils ont montée ensemble, l’Investor Stewardship Group (ISG), la seule règle doit être : « Une action, une voix ».

Leur initiative va au-delà des seuls droits de vote. Ils ont fixé aux émetteurs cinq autres règles de bonne gouvernance à respecter.

Elles tournent autour de la priorité que le conseil d’administration doit donner à sa relation avec les actionnaires qui ont, en tout cas ceux-là, les moyens de se faire entendre.

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