Le président d’Engie appuie l’offre de Veolia sur Suez

le 29/09/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

Jean-Pierre Clamadieu, président d’Engie, devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale
(capture écran Assemblée nationale)

Le conseil d’administration d’Engie ne se prononcera que demain sur le projet d’offre d’achat de Veolia sur 29,9% du capital de Suez. Mais Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, a déjà clairement exprimé sa position. « Nous sommes convaincus que le projet industriel est solide, nous sommes convaincus que Veolia est prêt à apporter des garanties en termes d’emploi qui nous satisfont et nous avons le sentiment que sur la gouvernance de l’ensemble Veolia est prêt à offrir un certain nombre d’opportunités qui permettront de constituer une équipe de direction mixte », a déclaré mardi matin Jean-Pierre Clamadieu devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. L'offre de Veolia « a le mérite pour Engie d’être extrêmement claire, soumise à aucune contrainte du point de vue de la concurrence, donc absolument sans risque », a ajouté le dirigeant.

Veolia propose d’acheter 29,9% du capital de Suez, sur les 32,04% qu’Engie détient, avant de lancer une OPA sur le solde du capital. Pour passer l’obstacle de la concurrence, le groupe prévoit de vendre Suez eau France à Meridiam.

Dans l'attente du nouveau prix de Veolia

Jean-Pierre Clamadieu attend maintenant que Veolia dévoile sa nouvelle offre sur le prix, « Antoine Frérot (le PDG de Veolia, NDLR) me la promet avant le conseil de demain ». Veolia propose jusqu’à ce jour 15,5 euros par action Suez.

Dans le même temps, Jean-Pierre Clamadieu s’est montré extrêmement critique contre la direction de Suez, alors qu’il avait demandé au président Philippe Varin et au directeur général Bertrand Camus de travailler à une offre alternative. « Ma déception, c’est qu’au fil de ces quatre dernières semaines nous n’avons pas vu de seconde offre se constituer. Nous avons vu les dirigeants de Suez très actifs, mais je dirais plutôt sur le front médiatique. Malheureusement rien de concret n’est arrivé », a taclé le président d’Engie.

« Mais on rêve »

Au contraire, Philippe Varin « a sorti de sa poche, ou plutôt de la tête de ses avocats, une pilule empoisonnée qui nous a beaucoup surpris », a regretté Jean-Pierre Clamadieu. Suez a placé le contrôle de sa division eau France entre les mains d’une fondation néerlandaise. « Quand j’ai vu le communiqué (de Suez annonçant cette fondation mercredi dernier, NDLR), je me suis dit "mais on rêve". On a franchi une limite qui me parait constituer une grave erreur de jugement », a appuyé Jean-Pierre Clamadieu : « En faisant cela, Suez s’est coupé de sa base d’actionnaires ».

Plusieurs actionnaires de Suez, dont le fonds activiste Amber mardi matin, ont exprimé publiquement leur mécontentement.

Quant à savoir pourquoi Engie était si pressé de vendre sa part dans Suez, avant la date limite au 30 septembre fixée par Veolia, Jean-Pierre Clamadieu a expliqué que c’est l’offre « qui nous met la pression ». « Si elle expire, nous n’en avons plus » et le « cours de suez va tomber à 12 euros, soit une perte de 1 milliard de valeur pour Engie. Est-ce un risque que nous devons prendre ? », a lancé le président d’Engie. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a une nouvelle fois appelé au dialogue mardi matin et a demandé à Engie de temporiser.

Selon Jean-Pierre Clamadieu, Philippe Varin a demandé un délai de trois mois pour élaborer une offre alternative.

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