Outre-Manche, les écarts de salaires entre patrons et salariés restent très élevés

le 30/06/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’an dernier, les DG des entreprises du FTSE 100 ont perçu des rémunérations 109 fois plus élevées que leurs salariés les moins bien lotis.

cireurs de chaussures à la City de Londres
Dans le secteur financier, les DG sont rémunérés 50 fois plus que leurs salariés.
(Cireurs de chaussures à la City. Crédit European Union)

Obligatoire depuis cette année, la publication des écarts de rémunérations entre directeurs généraux et salariés des entreprises britanniques a mis en évidence des différences importantes par secteur et par société. D’après une étude préliminaire du High Pay Centre, les DG des 350 plus grosses entreprises cotées britanniques ont perçu l’an dernier des rémunérations médianes 55 fois plus importantes que leurs salariés. Ces émoluments sont 78 fois plus élevés lorsqu’on les compare au quartile inférieur des employés, selon l’étude portant sur les rapports de 107 entreprises du FTSE 350 publiés entre le 1er et le 30 avril.

Les écarts seraient néanmoins beaucoup plus significatifs parmi les 100 principales capitalisations boursières (FTSE 100), avec un ratio médian de 109 entre dirigeants et plus bas salaires.

Pour l’heure, l’opérateur de paris sportifs et de jeux d'argent en ligne GVC Holdings affiche l’écart médian le plus important (229) entre son DG et les salariés du groupe parmi les entreprises du FTSE 100. Mais la palme revient au pétrolier BP dès lors qu’il s’agit de comparer la rémunération du DG avec celle des employés appartenant au quartile inférieur, avec un ratio de… 543.

Par industrie, le secteur de la santé affiche les plus gros écarts médians, avec un ratio de 129, suivi par les services aux consommateurs (92) et les biens de consommation (73). A l’autre bout du spectre, les utilities génèrent l’écart le plus bas, avec un ratio de 27. Dans ce paysage, la finance occupe une place à part. Dans le secteur bancaire, les DG sont rémunérés 146 fois plus que leurs salariés les moins bien lotis, conséquence d’un grand nombre d’employés dans les agences bancaires. Plus largement, le secteur financier affiche un ratio de 50, en raison du nombre important de postes de spécialistes et d’analystes.

L’étude a également mis en évidence des écarts importants de rémunération au sein des entreprises britanniques ayant bénéficié de l’un des plans de soutien du gouvernement dans le cadre du Covid-19. Le spécialiste des matériaux de construction CRH s’illustre ainsi parmi les entreprises ayant publié le différentiel de salaires le plus important, avec un ratio de 207, tout comme le distributeur de vêtements Next ainsi que le groupe de services Rentokil, avec des ratios respectifs de 178 et 173. Au total, les DG des 11 entreprises du FTSE 100 ayant perçu des aides d’état ont été rémunérés 109 fois plus que les bas salaires.

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