Les députés britanniques rejettent un Brexit sans accord 

le 04/09/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Boris Johnson a annoncé son intention de déposer une motion pour des élections anticipées. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson
Le Premier ministre britannique a subi hier une défaite cinglante au Parlement après la perte de sa majorité.
(Crédit Gov. UK.)

Les députés britanniques refusent le no-deal. Hier soir, une motion visant à obtenir un report du Brexit a été adoptée par 328 voix pour, tandis que 301 députés se sont prononcés contre. Pour le Premier ministre Boris Johnson, cette défaite cinglante est venue clôturer une journée sous haute tension : quelques heures auparavant, le Premier ministre avait perdu sa majorité aux Communes suite à la défection du député conservateur Phillip Lee, parti chez les libéraux-démocrates. 

Le succès de la motion signifie que les députés vont pouvoir reprendre le contrôle de l’ordre du jour au Parlement. Un texte de loi sera ainsi présenté et débattu dès aujourd’hui devant les Communes par les anti no-deal. Selon ce texte, les députés laissent au gouvernement le temps de négocier un accord d’ici au 19 octobre prochain. Dans l’hypothèse où aucun compromis ne serait trouvé et où le Parlement n'aurait pas approuvé une sortie sans accord, le Premier ministre devra alors demander à Bruxelles un report de la date du Brexit au 31 janvier 2020. Ce texte devra encore passer et être approuvé dès demain devant la Chambre des Lords avant de pouvoir être adopté définitivement. 

«Le moins pire
des résultats possibles»

Dans la foulée, Boris Johnson a indiqué hier soir qu’il déposerait une motion pour convoquer des élections anticipées. Cette dernière devra recueillir les deux tiers des voix des députés. Dans la City, la perspective d’une élection anticipée apparaissait hier comme «le moins pire des résultats possibles», selon une note de Deutsche Bank : l’hypothèse d’une victoire d’une coalition pro-remain, qui réunirait travaillistes et libéraux-démocrates - 40% environ des intentions de vote - aurait toutes les chances de ne pas aboutir à un no-deal, selon la banque. La victoire d’une large majorité conservatrice - plus de 50 sièges - serait tout aussi positive, car les conservateurs ne dépendraient plus du parti unioniste irlandais DUP, qui empêche à l’heure actuelle toute résolution de la question du backstop, ce filet de sécurité exigé par Bruxelles pour éviter le rétablissement d’une frontière dure entre les deux Irlande.

Boris Johnson a toutes les raisons d’espérer : un sondage YouGov créditait hier le parti conservateur d’une avance de 10 points sur les travaillistes, avec 35%. Seule potentielle ombre au tableau : la victoire d’une alliance entre conservateurs et brexiters, qui conduirait presque inéluctablement à un Brexit sans accord. 

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