Renversement de circonstance en Italie pour faire barrage à Matteo Salvini

le 29/08/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le M5S et le Parti démocrate ont annoncé, mercredi, un accord de gouvernement, anticipé par les investisseurs.

Giuseppe Conte, chef du gouvernement italien.
Giuseppe Conte a été reconduit à la tête du gouvernement italien.
(Crédit European Union.)

Un répit en pleine crise politique. Habituellement ennemis jurés, le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) et le Parti démocrate ont annoncé mercredi soir un accord en vue de former un nouveau gouvernement de coalition en Italie. Objectif : éviter des élections anticipées à l'automne et réduire les incertitudes sur le plan budgétaire et économique. En outre, après plusieurs journées de tractations, le M5S a obtenu du Parti démocrate qu'il accepte la reconduction de Giuseppe Conte, proche du M5S, à la présidence du Conseil. Il est convoqué ce jeudi matin au siège de la présidence de la République, où le chef de l'Etat Sergio Mattarella devrait le charger de former un nouveau gouvernement.

Il avait démissionné le 20 août dernier à la suite de l'éclatement de la coalition formée depuis juin 2018 par le M5S et la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini. Quelques jours avant, ce dernier avait réclamé des élections anticipées, rompant brutalement la coalition qu'il avait formée en juin 2018 avec le M5S, fort de sa popularité. Mais selon un sondage publié par le Corriere della Sera, sa cote de popularité a plongé de 15 points depuis qu'il a fait éclater la coalition.

«Il y a un accord politique avec le Parti démocrate selon lequel Giuseppe Conte devra obtenir le mandat de président du Conseil pour tenter de former un gouvernement de long terme», a expliqué le chef du M5S, Luigi Di Maio, mercredi soir à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat. Reste à trouver un accord sur les ministères clés et sur un programme commun de gouvernement.

En toute logique, la perspective d'un nouveau gouvernement dirigé par Conte a été saluée par les marchés financiers, qui y voient un garde-fou contre des déficits excessifs et contre une nouvelle confrontation à l’Union européenne. Les rendements des obligations italiennes à 10 ans sont tombés mercredi en début d'après-midi à un plus bas de 0,9729%, sous la barre symbolique de 1% pour la première fois de leur histoire, avant de repasser au-dessus, à 1,0329% vers 17 heures. L’écart entre le taux italien à dix ans et le taux allemand de même échéance (spread) s'est resserré jusqu'à 172 points de base, un niveau plus vu depuis mai 2018.

L’économie italienne est dans une situation préoccupante, alors que l'indice de confiance des entreprises et celui des consommateurs en Italie ont reculé en août : ce dernier est passé de 113,3 à 111,9, selon l'Institut national des statistiques (Istat).

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