Le départ de Theresa May ne résout pas la question du Brexit

le 27/05/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Hier soir, huit candidats s’étaient déjà déclarés à la succession de la Première ministre britannique. 

1O Downing Street, à Londres
Qui sera le prochain locataire du 1O Downing Street ?
(Crédit Gov. UK.)

Les candidats à la succession de Theresa May n’ont pas attendu longtemps pour faire part de leurs ambitions. Jusqu'à présent, huit députés se sont déclarés candidats au remplacement de la Première ministre Britannique. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Jeremy Hunt, celui au développement international Rory Stewart, l’ancienne secrétaire d’Etat aux retraites et à l’emploi Esther McVey ainsi que l’ex-maire de Londres Boris Johnson ont été les premiers à se déclarer. Ils ont été rejoints au cours du week-end par l’ancien secrétaire d’Etat au Brexit Dominic Raab, le secrétaire d’Etat à l’environnement Michael Gove, l’ancien ministre du numérique Matthew Hancock et l’ex-ministre des Relations avec le Parlement Andrea Leadsom. 

D’autres - certains observateurs évoquent le chiffre de 15 - pourraient encore se faire connaître d’ici au début de la course au leadership qui ne démarrera pas avant la démission effective de Theresa May le 7 juin prochain.

Sur le fond, l’élection d’un nouveau chef au sein du parti Conservateur n’apporte aucune solution au Brexit : grands favoris à la succession de Theresa May, Boris Johnson et Dominic Raab se sont engagés à renégocier l’accord de retrait que Theresa May a échoué à faire valider par les députés britanniques à trois reprises. Et s’ils n’y parvenaient pas, tous deux n’ont pas écarté une sortie de l’Union européenne sans accord le 31 octobre prochain : «Or, si l’on s’en tient au point de vue de l’UE, les négociations sont terminées», rappelle Thomas Raines, responsable des programmes européens au sein de Chatham House,  «et il est peu probable qu’un Brexiter à l’image de Boris Johnson, réputé pour ses mensonges et sa duplicité sur le Continent, soit apaisé par des concessions qui n’ont pas été offertes à Theresa May. Il sera difficile de négocier une extension en octobre si Dominic Raab ou Boris Johnson étaient premiers ministres». Le retour en force d’un scénario de no-deal aurait aussi des répercussions sur la santé économique du Royaume-Uni. «Si cela devait arriver, nous anticiperions un ralentissement de l’économie et une récession au début de l’année prochaine», écrit Azad Zangana, économiste européen senior chez Schroders, «alors que la Banque d’Angleterre finirait par réduire les taux d’intérêt, la dépréciation attendue de la livre aboutirait à un pic d’inflation. Les ménages ont déjà puisé dans leurs réserves en réduisant leur taux d’épargne, rendant, par conséquent, une contraction de la demande très probable».

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