Amundi défend la rémunération de son patron

le 10/05/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’agence ISS juge imprécises les conditions de versement du bonus d’Yves Perrier, dont le package reste loin de ceux versés chez Schroders et DWS.

Yves Perrier, le directeur général du groupe Amundi
Yves Perrier, le directeur général d’Amundi, voit sa rémunération remise en cause par l’agence ISS.
(photo Amundi.)

Pour ISS, c’est non. L’agence de conseil en vote demande aux actionnaires d’Amundi de rejeter les résolutions relatives à la rémunération du directeur général du groupe, Yves Perrier, lors de l’assemblée générale du 16 mai. Sachant que Crédit Agricole SA contrôle 70% du capital de sa filiale de gestion d’actifs, et que l’autre proxy, Glass-Lewis, recommande de voter pour les résolutions, l’opposition d’ISS restera de principe. Ironie de l’histoire, Cédric Lavérie, responsable de la recherche France d’ISS, est l’ancien patron de l’engagement corporate governance d’Amundi.

L’agence américaine reproche au groupe de ne pas expliciter les conditions dans lesquelles le versement du bonus d’Yves Perrier a été décidé par le conseil le 12 février dernier. Le dirigeant, dont le salaire fixe a augmenté de 16,2%, à 1 million d’euros, a droit à un bonus de 2 millions (+16,2% aussi), plafonné à deux fois le fixe. «Les objectifs fixés pour 2018 ont été significativement dépassés», avec un taux d’atteinte «de 112,1%, dont 106,2% sur les critères économiques et 118% sur les autres critères», indique le document de référence d’Amundi. «Les actionnaires ont une vision très limitée des éléments qui ont conduit le conseil d’administration à considérer que ces critères ont été remplis», estime la note ISS, citée par le FT.

Les critères d’attribution ont trait pour 65% au périmètre d’Amundi, avec des indicateurs économiques – produit net bancaire, coefficient d’exploitation, résultat net et collecte nette – ou plus qualitatifs (intégration de Pioneer, croissance de l’ISR), et pour 35% au périmètre CASA.

Chez le gérant d’actifs, où l’on met en avant la croissance de 25,5% du résultat net l’an dernier, l’incompréhension règne face à la démarche d’ISS. D’autant qu’Yves Perrier fait partie des dirigeants les moins payés dans l’asset management. Limité par la réglementation bancaire CRD 4, il ne bénéficie pas d’un plan d’intéressement à long terme en actions, au contraire de Peter Harrison et d’Asoka Wöhrmann, les patrons de ses concurrents cotés Schroders et DWS. Le premier a ainsi eu droit à un «package» total de 6,73 millions de livres (7,8 millions d’euros) au titre de 2018 – mais le gérant britannique détaille sur deux pages le degré d’atteinte des différents critères de bonus. La rémunération annualisée d’Asoka Wöhrmann, nommé en octobre 2018, dépasse 6 millions d’euros.

Quant au ratio d’équité entre la rémunération d’Yves Perrier et la moyenne chez Amundi, il est à 21,9 fois «l’un des plus bas du SBF 120», écrit le groupe.

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