Arnaud Lagardère devra répondre en AG sur les conditions du nantissement de ses titres

le 07/05/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Colette Neuville a déposé une série de questions écrites au sujet des titres détenus par les associés commandités et sur les risques afférents.

Arnaud Lagardere en mai 2012. Photo: Denis Allard/REA
Son patrimoine en garantie, ses ventes régulières d’actions sont au nombre des questions posées à Arnaud Lagardère par l’Adam.

Si l’assemblée générale de Lagardère, vendredi matin, devrait être plus calme que l’an dernier, Amber n’ayant pas redemandé des sièges au conseil, Colette Neuville devrait l’animer. La présidente de l’Adam a déposé une série de questions écrites auprès du groupe de médias. En cause, la responsabilité des associés commandités de Lagardère, Arnaud Lagardère – essentiellement via Lagardère Capital & Management (LC&M) – et la société Arjil Commanditée-Arco, et les facteurs de risque associés.

«Pour que les actionnaires soient en mesure d’apprécier l’étendue de la garantie que leur apporte la responsabilité des associés commandités et le risque qui reste à leur charge, il importe que soient connues la composition et la valeur du patrimoine des commandités», explique Colette Neuville. Or les 9,6 millions de titres (7,32% du capital de Lagardère SCA) détenus par LC&M sont nantis. Quelle est la valeur nette du patrimoine d’Arnaud Lagardère lui permettant de faire face à sa responsabilité d’associé commandité gérant ? D’autant que ce nantissement ne fait pas partie des facteurs de risque présentés par l’entreprise. Pour Colette Neuville, il est temps que la réglementation change afin que les conditions du nantissement soient connues.

Alors que les conséquences de ce nantissement peuvent être lourdes pour les actionnaires, Colette Neuville demande que soient connus les cours auxquels les créanciers nantis peuvent procéder à des appels de marge. Car les risques seraient alors doubles. D’une part, Arnaud Lagardère risquerait de vendre ses actions pour faire face aux appels de marge, avec le risque de pression baissière sur le titre. D’autre part, les créanciers pourraient exercer leur nantissement, entraînant un changement d’actionnaire, qui ne serait plus industriel mais financier. Un cas qui n’est pas d’école, s’étant déjà produit par le passé chez Belvédère et chez Gecina.

Autre sujet d’inquiétude pour l’Adam, les ventes importantes et régulières d’actions Lagardère par Arnaud Lagardère. Pour quelles raisons ? Jusqu’à quel niveau ? D’autant que les dernières ont été réalisées à un prix unitaire inférieur à 23,50 euros, alors que Arnaud Lagardère «a insisté sur la création de valeur à attendre de la vente des branches Active et Sport», poursuit Colette Neuville. Le consensus FactSet vise actuellement 28,54 euros, soit un potentiel de hausse de près de 20%.

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