Les tensions entre Dia et son premier actionnaire s’intensifient

le 19/12/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux derniers administrateurs de LetterOne ont démissionné, alors que le groupe renégocie sa dette.

Supermarché Dia en Espagne
Dia veut se recentrer sur ses activités en Espagne et au Portugal.
(photo Dia.)

Déjà confronté à une chute de sa rentabilité et à un niveau d’endettement très élevé, Dia doit en plus faire face à une crise interne de gouvernance. LetterOne, véhicule d’investissement du magnat russe Mikhail Fridman, et premier actionnaire du distributeur espagnol avec 29% du capital, a complètement quitté le conseil d’administration de Dia. «Actuellement, LetterOne n’a aucun représentant au conseil», a précisé le groupe espagnol. Les deux derniers administrateurs de LetterOne ont quitté le conseil hier. Ce départ suit celui de Stephan DuCharme, président par intérim de Dia (et managing partner de LetterOne) début décembre, deux mois après son arrivée. Ce dernier, comme les autres administrateurs démissionnaires, ont quitté leurs fonctions afin de mieux se consacrer, au nom de LetterOne, au redressement du groupe, en travaillant sur une stratégie de développement de long terme pour Dia.

Ces deux démissions interviennent alors que le conseil d’administration de Dia vient de se réunir pour discuter des conditions d’un nouveau financement de court terme de 200 millions d’euros auprès d’un syndicat de 14 banques, selon El Confidencial. La semaine dernière, Dia avait précisé qu’il finalisait le processus de refinancement de sa dette bancaire, et réfléchissait à une future augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription. Dans cette hypothèse, Dia a conclu un accord de souscription avec Morgan Stanley à hauteur de 600 millions d’euros. Parallèlement, Dia devrait engager des cessions dans le cadre de son plan stratégique.

Au début du mois, Dia avait annoncé une série de recrutements, notamment le directeur financier et les patrons du Brésil et de l’Espagne, avec pour mission de redresser le groupe. Le directeur général, Antonio Coto, nommé en août dernier, travaille sur la restructuration de la dette, de 1,4 milliard d’euros fin septembre, d’une part, et sur la stratégie du distributeur, avec un recentrage sur ses activités en Espagne et au Portugal et une cession des actifs périphériques, d’autre part. Antonio Coto devrait présenter sa stratégie au marché en janvier prochain. Il devra convaincre les analystes avec des objectifs chiffrés précis.

Depuis le début de l’année, l’action Dia a chuté de plus de 90%, une baisse accentuée avec sa sortie de l’Ibex 35 la semaine dernière, et perdait hier 8,34% à 0,41 euro. Le distributeur capitalise désormais moins de 260 millions d’euros.

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