La première AG d’EssilorLuxottica promet d’être tendue

le 29/11/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La gouvernance du nouveau groupe et la flambée des rémunérations des dirigeants et administrateurs sont contestées par Phitrust.

Montures de lunettes dans une boutique d'opticien
La fusion entre le groupe français d’optique ophtalmique Essilor et le lunetier italien Luxottica est effective depuis début octobre.
(Photo RK.)

Ce matin se tient à La Défense la première assemblée générale d’EssilorLuxottica, deux mois après la finalisation du rapprochement entre le groupe français d’optique ophtalmique et le lunetier italien. Les résolutions présentées portent essentiellement sur les rémunérations des dirigeants et … sont loin de faire l’unanimité.

Fin octobre, Phitrust avait déposé un projet de résolution afin d’abaisser l’âge limite du directeur général de 95 à 75 ans dans les statuts. Le PDG d’EssilorLuxottica, Leonardo Del Vecchio, a 83 ans. Faute du soutien d’actionnaires, la résolution n’a pas été inscrite à l’ordre du jour. Toutefois, le groupe a réagi au début du mois en annonçant que Francesco Milleri, actuel directeur général de Luxottica, serait proposé comme futur directeur général d’EssilorLuxottica. Or, le conseil d’administration avait annoncé début octobre que le recrutement d’un CEO serait lancé avant la fin janvier 2019. D’ailleurs, pour Phitrust cette fusion «entre égaux» se traduit en réalité par une prise de contrôle de fait par la famille Del Vecchio, qui détient à travers Delfin, plus de 31% du capital. «Une OPA de Luxottica sur Essilor aurait été plus favorable pour les minoritaires tout en permettant de clarifier la gouvernance», note la société de gestion.

Aussi, Phitrust a déposé quatre questions écrites. Alors que la gouvernance serait déséquilibrée avec l’arrivée de Francesco Milleri, quel serait alors le rôle d’Hubert Sagnières, vice-président directeur général délégué d’EssilorLuxottica et PDG d’Essilor ? s’interroge Phitrust.

La société de gestion s’inquiète aussi de la flambée des rémunérations des dirigeants. Quant à l’enveloppe de jetons de présence, elle bondit de 127% à 2 millions d’euros pour 16 administrateurs.

Alors que Luxottica a mis en place un plan de rétention en numéraire pour ses cadres dirigeants, dont 4 millions d’euros pour Francesco Milleri, Phitrust s’inquiète de ce plan qui «ne semble bénéficier qu’aux seuls cadres de Luxottica, induisant de fait un déséquilibre avec ceux d’Essilor». Aussi, il demande au conseil d’EssilorLuxottica comment il compte compenser cette somme qui a un impact sur la valeur des apports initialement présentés.

Enfin, si Francesco Milleri est confirmé comme directeur général, Phitrust veut avoir une vision d’ensemble sur la totalité de ses rémunérations chez Luxottica et demande que sa société personnelle cesse d’assurer les services informatiques de Luxottica pour d’évidentes raisons de conflit d’intérêts. Réponses ce matin en AG.

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