La pression monte sur la CDC avant l’AG d’Icade

le 17/04/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Gouvernance en Action dénonce un «déni de gouvernance». ISS, Glass Lewis et Proxinvest recommandent de voter contre les quatre administrateurs de la CDC.

immeuble Open d’Icade à Issy-les-Moulineaux
La gouvernance d’Icade est remise en question.
(Crédit Icade.)

A huit jours de l’assemblée générale d’Icade, les esprits s’échauffent... Alors que la Caisse des dépôts (CDC) et Crédit Agricole Assurances (CAA), les deux premiers actionnaires de la foncière à hauteur respectivement de 39,1% et 18,5% du capital, n’ont toujours pas trouvé d’accord sur leur représentation au conseil d’administration d’Icade, Gouvernance en Action vient jeter de l’huile sur le feu !

Dans une lettre ouverte à André Martinez, président du conseil d’Icade, Fabrice Rémon, président de Gouvernance en Action s’inquiète de «la dérive actuelle de la gouvernance» de la foncière. Il évoque même un «déni de gouvernance», avec un conseil contrôlé à 69% par la CDC avec 9 administrateurs, pour 3 indépendants et 1 représentant de Crédit Agricole Assurances. En effet, Gouvernance en Action estime qu’André Martinez n’est pas indépendant. Contacté par L’Agefi, ce dernier s’est refusé à tout commentaire. Gouvernance en Action fustige également le non-respect du code Afep-Medef, avec la faible proportion d’administrateurs indépendants et s’interroge sur «la pertinence d’une autoévaluation dans un conseil autant contrôlé». D’ailleurs, il se demande pourquoi «devant une telle dérive, les administrateurs ‘dits indépendants’ n’ont pas démissionné».

En attendant, le dialogue entre la CDC et Crédit Agricole Assurances ne semble pas avancer. «Nous attendons toujours le retour de Crédit Agricole Assurances sur notre proposition», explique la CDC. Seule certitude, «Icade n'est pas à vendre», a déclaré Eric Lombard, directeur général de la CDC, la semaine dernière.

L’assemblée générale du 25 avril promet d’être agitée et le conseil d’Icade bouleversé. D’autant que les trois principaux proxys (ISS, Glass Lewis et Proxinvest) ont recommandé de voter contre les 4 administrateurs de la CDC, invoquant une insuffisance d’administrateurs indépendants ou une surreprésentation de la CDC. Proxinvest et Glass Lewis soutiennent la nomination d’un administrateur supplémentaire pour CAA, mais s’opposent au candidat indépendant proposé par CAA. En revanche, ISS ne veut pas de deuxième administrateur pour CAA, mais recommande leur proposition d’indépendant. Le conseil d’Icade, actuellement de 13 membres (8 CDC, 1 CAA et 4 indépendants) pourrait ainsi passer à 9 administrateurs (4 CDC, 1 CAA et 4 indépendants) si la CDC ne trouvait pas de soutien parmi les minoritaires…Il est temps que Bercy mette bon ordre à ce conflit, dont Icade risque d’être la première victime.

Sur le même sujet

A lire aussi