Le dialogue actionnarial sera au cœur des attentions du HCGE en 2018

le 13/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Haut comité invite les conseils à se fixer des règles pour encadrer le dialogue des administrateurs avec les investisseurs.

Rapport d’octobre 2017 du Haut Comité de gouvernement d’entreprise.
Rapport d’octobre 2017 du Haut Comité de gouvernement d’entreprise.

Après quatre années d’existence, le Haut comité de gouvernement d’entreprise (HCGE) tire un premier bilan. La publication de son quatrième rapport annuel a aussi été l’occasion d’officialiser le passage de relais, entre Denis Ranque, premier président du HCGE, et Michel Rollier, président du conseil de surveillance de Michelin et membre du Haut comité depuis sa création en 2013. Cet été, Jean-Philippe Roulet a succédé à Pascal Durand-Barthez comme secrétaire général du HCGE. Et Michel de Rosen et Ross McInnes ont remplacé Françoise Gri et Pascal Colombani au sein du Haut comité, tandis que l’Afep et le Medef dévoileront prochainement le nom du remplaçant de Denis Ranque au sein du HCGE.

Globalement, le HCGE constate une amélioration. S’il avait envoyé 70 courriers aux sociétés non respectueuses du code la première année, il n’en a adressé que 30 l’an dernier. Et ces lettres reçoivent davantage de suites positives. «Pour instaurer une culture de gouvernance, il est nécessaire d’habituer les sociétés à être rigoureuses dans les détailsCela permet d’éviter les dérapages, rappelle Denis Ranque. Plus largement, «l’indépendance des administrateurs est la mère de la bonne gouvernance», insiste-t-il.

Cette année, le HCGE s'interroge notamment sur le rôle des administrateurs dans le dialogue actionnarial. Si le code ne prévoit rien, la demande d’un dialogue fait l’objet d’une pression croissante de la part des investisseurs institutionnels, constate le HCGE. Il invite donc les conseils à se poser la question des modalités du dialogue. «Que le conseil se fixe une règle du jeu et qu’il donne les règles selon lesquelles un administrateur (président du conseil, administrateur référent, …) peut intervenir auprès des investisseurs, à leur demande, pro-activement, en présence ou non du dirigeant…, explique Denis Ranque. Mais le conseil ne doit pas empiéter sur les prérogatives de la direction générale, au risque de cacophonie entre les deux. Tout doit se faire en parfaite coordination avec le dirigeant». Michel Rollier promet d’être très attentif à ce sujet en 2018.

Du côté des améliorations attendues, le HCGE regardera l’évaluation des conseils, notamment celle de la «contribution individuelle effective» des administrateurs aux travaux du conseil. Elle n’est encore réalisée que dans 60% du SBF 120, et 76% du CAC 40. Des chiffres néanmoins en progrès.

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