Un salaire de dirigeant élevé ne garantit pas la performance boursière

le 09/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

MSCI a constaté une absence d'alignement des intérêts dans 3/5e des entreprises de son indice américain. Le say on pay ne suffit pas à rééquilibrer.

Rémunérations en dollars.
Dans les 423 sociétés américaines étudiées, la corrélation est faible entre le salaire du directeur général et la performance boursière.
(Crédit Thinkstock.)

Plus élevés, les standards américains servent régulièrement d’arguments pour éteindre les polémiques sur la rémunération des dirigeants français. Pourtant, à en croire une récente étude de MSCI, les pratiques américaines peuvent difficilement servir de valeur d’exemple. L’équipe de recherche ESG du fournisseur d’indices a constaté une absence d’alignement entre le salaire du directeur général et la performance boursière dans plus des trois cinquièmes des 423 sociétés américaines étudiées sur la période 2006-2015. Pourtant, comme le souligne Ric Marshall, l’auteur de l’étude, «la capacité du conseil d’administration à aligner la rémunération du directeur général avec le retour sur investissement à long terme du groupe est l’une de ses plus grandes responsabilités ».

MSCI avait déjà étudié en 2016 la corrélation entre la rémunération attribuée aux dirigeants et le retour sur investissement. Mais cette étude, qui, au passage, aboutissait au même résultat, intégrait les instruments d’intéressement attribués sans qu’ils soient forcément versés à terme. Pour supprimer ce biais, MSCI s’est cette fois concentré sur les rémunérations réellement perçues dans l’année par le directeur général.

Selon Ric Marshall, l’auteur de l’étude, plusieurs éléments peuvent expliquer «la faiblesse de l’alignement». «Dans quasiment toutes les grandes capitalisations de l’indice MSCI USA, les critères déclenchant l’attribution des bonus sont fixés sur des bases annuelles, et cela même si l’objectif est de récompenser la performance à long terme», note Ric Marshall. Dans de nombreux cas, trois années suffisent à caractériser le long terme, ajoute l'auteur. MSCI insiste également sur les rémunérations exceptionnelles, versées notamment lors des changements de direction. Celles-ci sont «très faiblement alignées avec la performance de long terme».

Dans ce cadre, le say on pay peut-il être un bon moyen pour réaligner l’intérêt du dirigeant avec celui des actionnaires ? Pas vraiment, selon MSCI. «Aucune des sociétés affichant le plus faible niveau de corrélation entre salaires et retour sur investissement n’a rencontré de votes négatifs massifs sur les packages de rémunération de son dirigeant», souligne MSCI. Selon le fournisseur d’indices, l’opposition des actionnaires lors d’un say on pay n’est souvent que la réaction à chaud à l’annonce d’un salaire élevé.

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