L’avis de... Olivier Forlini, président, Reputation Institute France

« Les parties prenantes accordent une importance croissante à la RSE »

le 22/09/2016 L'AGEFI Hebdo

« Les parties prenantes accordent une importance croissante à la RSE »

Comment expliquez-vous les mauvaises performances des sociétés du CAC 40 en matière de réputation en France, comparées aux entreprises internationales ?

Ce résultat est en effet assez surprenant. Les entreprises du CAC 40 bénéficient d’une bonne réputation en matière de performance financière, mais obtiennent de faibles résultats dans le domaine de la citoyenneté. Par citoyenneté, j’entends démarche d’éthique, de transparence ou de commerce équitable. Or les parties prenantes accordent une importance croissante aux aspects liés à la RSE (responsabilité sociale d’entreprise), tous secteurs d’activité confondus. Il faut pondérer cette analyse en précisant que beaucoup d’entreprises ne faisant pas partie du CAC figurent dans les 50 meilleures de notre classement.

Ces mauvais scores des entreprises du CAC 40 dans le domaine de la RSE correspondent-ils à de réelles faiblesses, ou à un défaut de communication ?

Ces deux cas de figure se présentent. Tout d’abord, beaucoup de grandes entreprises sont certainement actives dans ce domaine mais communiquent peu, ou mal. Ensuite, pour bénéficier d’une bonne réputation, il faut être performant sur l’ensemble des critères, et faire la démonstration d’une grande clarté sur les valeurs de l’entreprise. Par exemple, Michelin, qui est l’entreprise française la mieux notée, a adopté depuis des années un positionnement extrêmement cohérent.

Avez-vous noté une évolution dans les critères d’évaluation de la réputation des entreprises ?

Nous avons relevé un changement dans les attentes des parties prenantes, en France comme dans le reste du monde. Depuis 2010, celles-ci ne se satisfont plus d’une marque prestigieuse ou d’un produit performant, mais se montrent attentives à la gouvernance des entreprises. C’est devenu le critère dominant (60 %), contre 40 % auparavant.

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