L’Ethereum profite de l’essor du bitcoin

le 05/01/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’Ethereum se place en deuxième position des cryptomonnaies en termes de capitalisation, avec une valorisation à 121 milliards de dollars.

Le bitcoin (BTC) n’est pas la seule cryptomonnaie en vogue. Depuis plusieurs mois, la cryptomonnaie Ethereum (ETH) connaît, elle aussi, une forte progression. Elle vient de franchir le seuil des 1.000 dollars, avant de réduire légèrement la voilure. Il y a pile un an, l’ETH valait 150 dollars. Aujourd’hui, 51 millions d’adresses détiennent de l’ETH, soit 48% de plus qu’il y a un an.

De nombreux facteurs expliquent une telle progression. D’une part, il y a eu un rattrapage de l’ETH par rapport au bitcoin, l’actif ayant récemment dépassé les 30.000 dollars. D’autre part, sa valeur fondamentale a augmenté grâce à des progrès dans l’univers des cryptomonnaies. «Des avancées en termes d’acceptation de ces actifs, la réglementation mise en place, et le contexte macroéconomique sont également positifs. Plus spécifiquement, toute la DeFi (finance décentralisée, NDLR) s’est passée sur ETH en 2020 : cela a créé de l’activité économique sur le réseau», souligne Simon Polrot, le président de l’Association pour le développement des actifs numériques (ADAN).

La montée en puissance de cet actif provient également des professionnels : des fonds d’investissements spécialisés en cryptomonnaies ou encore des institutionnels traditionnels ont enclenché le mouvement aux Etats-Unis et en Asie. «L’Europe, à l’exception du Royaume-Uni et de la Suisse, reste clairement à la traîne», regrette Simon Polrot. De même, face à la montée de l’inflation, certaines entreprises qui ne sont pas dans les cryptomonnaies, comme MicroStrategy et Square, ont commencé à placer une partie de leur trésorerie dans le bitcoin, ce dont a bénéficié l’ETH. «Cependant, si le bitcoin a une image d’actif refuge, investir dans l’Ethereum reste un pari technologique similaire à un investissement dans une start-up», prévient Simon Polrot.

Alors que le BTC est valorisé 590 milliards de dollars, l’ETH se place en deuxième position, avec une valorisation à 121 milliards de dollars. Elle frôle désormais les valorisations des grandes banques américaines Morgan Stanley et Wells Fargo, et dépasse les valorisations de BlackRock (110 millards de dollars) et de HSBC (101 milliards de dollars). «La valorisation des cryptomonnaies reste un sujet épineux. L’Ether est un actif de protocole : son utilité et donc sa valeur intrinsèque augmentent avec le développement du réseau Ethereum et du nombre d’échanges qui y sont effectués car il y est l’actif privilégié», souligne Simon Polrot.

L’ETH devrait continuer à gagner en attractivité en 2021. Le 15 janvier, un des principaux réseaux de «second niveau», Optimism, sera lancé : il permettra de réaliser des transactions avec des coûts très faibles en se branchant sur Ethereum. A l’heure actuelle, les frais de transaction d’ETH peuvent aller jusqu’à 4 dollars pour une transaction simple, contre quelques centimes pour le BTC. De même, le protocole lui-même va beaucoup évoluer : en décembre, on a assisté au déploiement de la phase 0 d’Ethereum 2.0. «D’autres améliorations techniques significatives sont également prévues au cours de l’année. De nombreux projets applicatifs devraient aussi entrer en production», déclare Simon Polrot.

L’ETH reste néanmoins plus volatil que le bitcoin. Après la bulle de 2017, où il avait atteint les 1.100 dollars, l’actif avait connu une désillusion fin 2018, où il était tombé à 80 dollars, son cours le plus bas.

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