Face au Covid-19, les néobanques prennent des mesures d’économies

le 02/04/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pénalisées par la baisse des commissions d'interchange, Monzo ou Starling mettent une partie de leurs salariés en chômage partiel.

La néobanque Monzo
La néobanque Monzo a proposé du chômage partiel volontaire à 259 salariés (sur1.500).
(Photo Monzo.)

Chacune sa stratégie. Au Royaume-Uni, les néobanques Monzo et Starling Bank ont ainsi décidé de donner congé à certains salariés, suite au programme mis en place par le gouvernement britannique, relève TechCrunch.

Forte de 4 millions de clients, Monzo a proposé à 259 salariés sur 1.500 du chômage partiel volontaire, 175 salariés travaillant au service clients et 120 salariés provenant d'autres services. La direction va aussi fournir un effort : le PDG, Tom Blomfield, renoncerait à son salaire pendant un an. Le reste du comité exécutif accepterait une réduction de 25% de sa rémunération. Depuis le début de la crise, Monzo a constaté une baisse des dépenses de ses clients au Royaume-Uni et à l’étranger, impliquant donc moins de revenus provenant de commissions d’interchange.

De son côté, Starling prévoit de donner congé à 41 salariés, assurant qu'elle sera en mesure de verser 100% de leurs salaires. «La plupart de ces employés sont relativement récents au sein de la banque et n'ont pas terminé leur formation, ils ne peuvent donc pas travailler à domicile», a déclaré Anne Boden, fondatrice de Starling Bank. Il y a quelques semaines, la fintech a levé 60 millions d'euros et ouvert un troisième bureau à Cardiff, créant 400 emplois.

N26 et Revolut défendent leur «modèle»

La crise du Covid-19 a par ailleurs alimenté les rumeurs autour de faillites de certaines néobanques. La semaine dernière, le PDG de Monzo a dû démentir ces bruits, déclarant que «Monzo ne va pas faire faillite. Source : je suis le PDG». Même son de cloche du côté de la fintech britannique Revolut«Le mois dernier, nous avons levé 500 millions de dollars auprès d'investisseurs. Je tiens donc à préciser que notre activité fonctionne comme avant», a indiqué son patron Nic Storonsky.

Comme beaucoup d’autres néobanques, Revolut se finance notamment grâce à une commission d'interchange sur les transactions par carte, à ses abonnements et assurances.

Contactée par L’Agefi, Revolut a choisi le télétravail pour ses salariés, plutôt que les congés volontaires. «Les 2.000+ employés de Revolut de par le monde sont en télétravail depuis plusieurs semaines déjà (et ce quelque soit le niveau de l'épidémie dans leurs pays), et des mesures ont été prises avant les différents confinements pour faciliter le télétravail », explique un porte-parole.

De son côté, la néobanque allemande N26 a allongé la période possible pour les congés 2019, allant normalement jusqu'au 31 mars 2020, «afin que les salariés ne perdent pas leur congés prévus mais bloqués par les différents confinements locaux» indique à L’Agefi Jérémie Rosselli, General Manager France. Si la banque a généralisé le télétravail, elle a réparti les salariés dont la présence physique est nécessaire dans différents bâtiments.

«Le modèle économique de N26 n'est pas remis en cause. Si la situation actuelle est incertaine, N26 a la chance d'être en position de fournir un service essentiel pour nos clients. Nos services sont digitaux et mobiles par essence. C'est un élément très important voir même primordial pour nos clients durant cette période », confie le dirigeant, qui reste confiant.

«De la même façon, de nombreux acteurs de la fintech permettent de digitaliser les paiements et les rendre plus rapides et pratiques. Il est difficile de faire des prédiction mais nous estimons que notre secteur est dans une situation bien plus sereine que d'autres industries touchées plus directement», conclut-il.

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