La Lituanie continue d’accélérer dans la fintech

le 20/02/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Cette tendance devrait s'accroître en raison du Brexit, précise à L'Agefi Vilius Sapoka, ministre lituanien des Finances.

Vilius Sapoka, ministre des Finances de la Lituanie.
Vilius Sapoka, ministre des Finances de la Lituanie.
(Crédit European Union.)

Le secteur des fintech est en plein essor en Lituanie. Le pays compte 210 fintech en 2019, contre 170 fintech en 2018 selon le dernier rapport d'Invest Lithuania, une organisation rattachée au ministère de l'Economie. Le nombre d’emplois dans le secteur des fintech a également augmenté de 30%, passant à 3.400. Depuis quelques années, le pays ambitionne de devenir un hub pour les fintech, avec une réglementation favorable et de nombreuses infrastructures. ​«En 2020, nous espérons augmenter le nombre de fintech en Lituanie d'au moins 15%», confie à L'Agefi Vilius Sapoka, ministre des Finances de la Lituanie. «Pour que les fintech se développent, nous devons supprimer les barrières réglementaires et accroître la sécurité juridique. Nous attachons également beaucoup d'importance à la gestion des risques», précise-t-il.​

«Les fintech continuent de s'installer en Lituanie, mais aussi de mûrir et de façonner un écosystème plus sophistiqué, avec plus d'investissements privés attendus en 2020. Vilnius fait désormais partie des quatre principaux hubs fintech au monde», indique Mantas Katinas, directeur général d'Invest Lithuania. Par ailleurs, «les régulateurs peuvent jouer un rôle positif en favorisant un écosystème et en facilitant l'innovation tout en protégeant les consommateurs. Au fur et à mesure que nous consoliderons notre position, nous porterons une attention accrue aux défis et aux risques liés à la croissance», appuie Marius Jurgilas, membre du conseil d'administration de la Banque de Lituanie. Les craintes de dumping réglementaire ne peuvent en effet être écartées.

62 licences bancaires
délivrées en 2019

Un cinquième des fintech prévoit de lever au moins 5 millions d'euros au cours de l'année 2020 et 16% prévoit de lever entre 1 et 3 millions d'euros. Le pays balte ambitionne d'en accueillir 250 d'ici la fin de 2020. En 2019, la Lituanie a délivré des licences d’établissement de monnaie électronique à 62 établissements de monnaie électronique, soit 31% de plus qu'en 2018, et espère profiter du Brexit pour en accorder davantage. De fait, environ 10% des fintech opérant en Lituanie sont originaires du Royaume-Uni, à l'instar de Revolut, Sumup ou encore Railsbank. «Grâce à notre accès illimité à l’ensemble du marché unique européen et une approche positive du régulateur, il n’est pas surprenant que les fintech regardent de plus près la Lituanie. Nous espérons que cette tendance se poursuivra. Néanmoins, Londres restera une place financière et nous nous réjouissons de collaborations à l'avenir», précise le ministre des Finances.

Le Brexit a déjà fait une première victime dans l'écosystème des fintech, avec le départ de la néobanque N26 du Royaume-Uni. «Le Brexit va poser des questions sur le plan réglementaire pour les acteurs qui 'passeportaient' leur agrément, notamment ceux qui ont un établissement de crédit, de paiement ou de monnaie électronique. Revolut a déjà pris les devants en obtenant une licence en Lituanie et d'autres acteurs entament ces démarches en France notamment grâce à une initiative 'fast-track' de l'ACPR (organe de supervision français, ndlr) visant à accélérer les délais d’octroi d’agrément en vue du Brexit», estime Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la fintech.

Pour autant, «face à l’enjeu de réglementation posé par le Brexit, je crois moins en l'option qui consiste à transférer son siège social en dehors du Royaume-Uni qu’en celle consistant à obtenir son agrément dans un autre Etat membre puis de le 'passeporter' comme l'a fait Revolut. Les transferts de sièges sociaux posent en effet des questions plus fondamentales lorsque l'on a une masse critique de salariés dans un pays ou que l'on doit obtenir l'accord unanime de ses actionnaires», précise Mikaël Ptachek.

Sur le même sujet

A lire aussi