Judo Cares mise sur l’épargne pour réduire l’empreinte carbone

le 14/01/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lancée début décembre, la fintech espère conquérir dix clients d’ici fin 2020, parmi les assureurs et les gérants d'actifs.

Deux anciens de la Société Générale se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Début décembre, Jérôme Rouphael et Marc La Rosa, ont créé la société Judo Cares (pour CArbon REduction Solutions), un guichet unique de la compensation carbone. L’objectif ? permettre aux gérants d'actifs de lutter contre le changement climatique.

Le choix du nom de la société «Judo» – qui signifie «voie de la souplesse» en japonais – n’est pas anodin. «On veut proposer une solution souple qui utilise l’épargne pour avoir un impact fort en terme de changement climatique», explique Jérome Rouphael, ancien judoka. «Quand on propose à des épargnants d’investir, ils n’ont pas une idée très claire de l’offre ESG. Il y a un décalage entre l’offre et la demande sur les produits financiers 'éco-responsables'. Si la solution fonctionne d’ici un an, elle permettrait de réduire l’équivalent de l’empreinte carbone de plus de 10.000 Français», précise-t-il.

Concrètement, Judo Cares mesure automatiquement l’empreinte carbone journalière d’un portefeuille d’investissement. Ensuite, la fintech présente des projets de compensation choisis pour leur impact environnemental en suivant les meilleurs standards internationaux. Enfin, la société propose de financer ces projets au nom de leurs clients.​ «Notre solution digitale est opérationnelle, notre interface sera ensuite définie au cas par cas en fonction de nos différents clients», indique Marc La Rosa. La fintech est en discussion commerciale avec trois clients et en vise dix d'ici fin 2020, parmi lesquels des assureurs, gestionnaires d’actifs et des banques privées. La fintech espère d’ailleurs tirer profit de la publication d'un guide par l'AMF en mars dernier sur la compensation de l’empreinte carbone à destination des sociétés de gestion.

Le projet a également convaincu Jérémy Dudek, un ancien de la fintech Yomoni. «Notre rémunération se veut claire et transparente. Elle est définie par un forfait et ne dépend donc pas des actifs sous gestion qui sont concernés par notre service, ni de rétrocessions prises à la commercialisation des projets», explique-t-il. «À titre d’exemple, le coût de la compensation d’un portefeuille investi en actions européennes proche de l’indice Eurostoxx 50, est inférieur à 0,25% par an». Contrairement aux autres fintech, Judo Cares espère devenir rentable avant de lever des fonds et réfléchit aussi à s'implanter en Europe. Les trois hommes préparent déjà le terrain : en mars, ils rencontreront des gestionnaires d'actifs en Italie.

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