JPMorgan pourrait émanciper sa blockchain afin de garantir son succès

le 26/03/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque américaine envisage une scission de sa plate-forme blockchain Quorum, pour en faire un standard de place utilisé par ses rivales.

 Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon
Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, a regretté ses anciennes critiques à l’encontre du bitcoin.
(Bloomberg)

La blockchain n’a pas encore trouvé son modèle d’organisation et de gouvernance, comme le montrent les fréquents revirements des entreprises travaillant sur cette technologie. Peut-être la prochaine sur la liste, JPMorgan aurait entamé les premières étapes d’une réflexion en vue d'une scission de son principal projet dédié à la blockchain, Quorum, selon des sources citées jeudi par le Financial Times, puis Bloomberg et Reuters. La première banque américaine en termes d’actifs caresse l’idée que sa plate-forme aurait un plus grand pouvoir d’attraction si elle était indépendante.

Créé en 2016, Quorum est un logiciel fonctionnant sur la blockchain Ethereum. Il se veut une version customisée de technologie du registre distribué pour les entreprises clientes de JPMorgan. En octobre dernier, la banque a lancé avec RBS et ANZ un projet de création d’un réseau interbancaire de traitement des paiements basé sur Quorum. ING, ABN Amro, la Société Générale et Louis Dreyfus Company ont utilisé Quorum dans le négoce agricole, tandis que les banques centrales de France, du Brésil, de Singapour et d’Afrique du Sud le testent pour leurs systèmes de paiement. Il est aussi employé par Microsoft ou encore Pfizer.

Pour atteindre le succès, les initiatives blockchain ambitionnent de devenir un standard de place, utilisées par le maximum de partenaires. Or, selon des sources citées par le Financial Times, certaines banques seraient réticentes à utiliser Quorum à cause de ses liens avec JPMorgan. Le spin-off permettrait de contourner cette difficulté. JPMorgan garderait une participation minoritaire après la scission, qui pourrait intervenir cette année, selon le quotidien.

Parallèlement, la solution des consortiums n’est pas la panacée. En avril 2017, JPMorgan avait quitté le consortium R3, le plus grand sur la technologie du registre distribué. D’autres grandes banques avaient déjà claqué la porte, suivant l’exemple donné par Goldman Sachs fin 2016. En juillet dernier, un autre partenariat blockchain s’est dissous, entre Euroclear et la start-up américaine Paxos. Il concernait les services de règlement de titres sur l’or.  

Pour JPMorgan, la blockchain est un sujet d’autant plus sensible que son PDG Jamie Dimon avait violemment critiqué le bitcoin, la cryptomonnaie basée sur cette technologie. Mais début janvier, il a dit regretter ses propos, précisant : «la blockchain est bien réelle».

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