La Société Générale finance un incubateur pour recréer de l’emploi

le 23/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au titre de son obligation de revitalisation des bassins d’emploi, la banque soutient Swave, imaginé par la préfecture des Hauts-de-Seine.

Elle aurait pu ne pas y associer sa marque, mais le projet l’a finalement conquise. La Société Générale a financé à hauteur de deux millions d’euros un incubateur de fintech, baptisé Swave, lancé vendredi dernier à la Défense, par le biais de crédits de revitalisation des territoires qu’elle devait à la préfecture des Hauts-de-Seine. En effet, selon la loi de modernisation sociale de 2002, les entreprises de plus de 1.000 salariés qui procèdent à des licenciements collectifs pour motif économique, doivent verser une contribution destinée à créer de l'activité, développer des emplois et atténuer l'effet des licenciements sur le bassin d'emploi concerné. Le montant, négocié avec les pouvoirs publics, représente un à quatre fois la valeur du Smic par emploi supprimé.

La banque de la Défense, qui a annoncé, en décembre 2015, un plan de suppression de 2.000 emplois dans ses agences d’ici à 2020, était assujettie à cette convention. La préfecture des Hauts-de-Seine avait un projet d’incubateur en tête, pour «donner à la Défense la capacité de devenir un centre international de la finance de demain», a expliqué Isabelle Herrero, sous-préfète des Hauts-de-Seine chargée de mission pour le développement économique et l’emploi.

La Société Générale, de son côté, avait un projet d’incubateur interne, mais l’a finalement laissé de côté pour adopter cette initiative en «innovation ouverte». «Ce n’est pas un incubateur propriétaire», a souligné Didier Valet, directeur général délégué du groupe. «Il est aussi important pour les start-up de se dire qu’elles n’entrent pas chez la Société Générale», remarque Damien Cocat, chargé de mission développement économique à la Préfecture d’Île-de-France. 

Fort de l’accord de la banque, l’Etat a confié la gestion de projet à Paris&Co, une agence de développement économique de la ville de Paris, déjà à la tête de 12 incubateurs comme le Tremplin (dédié au sport) ou le Welcome City Lab (dédié au tourisme). «C’est l’un des projets les plus ambitieux que nous avons conduits ces dernières années, dans un des temps les plus courts», a noté Loïc Dosseur, le pilote du projet chez Paris&Co.

L’association avait déjà créé un incubateur fintech au palais Brongniart, de 2010 à 2012, mais il n’avait pas décollé. «L’espace était trop petit, le secteur fintech était moins développé, et nous n’étions pas assez matures sur ce type de projets mêlant grands comptes et institutionnels», se rappelle Anne Gousset, directrice incubation chez Paris&Co.

Les autres partenaires de Swave sont NewAlpha AM, Crédit Municipal de Paris, Exton Consulting, et l’institut Louis Bachelier. Ils ont contribué au financement pour quelques dizaines de milliers d’euros chacun. «L’arrivée de nouveaux partenaires est souhaitée et vitale, remarque Aymeril Hoang, responsable de l'innovation à la Société Générale. Nous ne pourrons pas maintenir le niveau de financement que nous avons mis pour l’amorçage». L’objectif est de passer de 4 à 9 partenaires, un dans chaque verticale métier (une caisse de retraite, un assureur, un acteur de la grande distribution…).

L’incubateur sera logé au 19e et 20e étage de la Grande Arche, avec 2.500 mètres carrés de surface. Les tarifs seront de 5.000 euros par an pour l’accompagnement, plus 300 euros le mètre carré par an pour un bureau privatif ou 650 euros par mois pour trois à quatre postes de travail en open space.

L’initiative tombe à pic. Le Brexit donne l’opportunité de «renforcer l’attractivité de la place de Paris», a souligné Didier Valet. «Il y a une urgence, il faut absolument fédérer les énergies», a renchéri Alain Clot, président de France Fintech.

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