La désintermédiation décolle dans les créances clients des PME

le 22/09/2016 L'AGEFI Hebdo

La solution d’affacturage en ligne de Finexkap va changer de dimension avec le fonds de 100 millions d’euros d’Acofi, spécialiste des prêts directs à l’économie.

La désintermédiation décolle dans les créances clients des PME
(Crédit Fotolia.)

Le financement en direct des entreprises par les institutionnels franchit une nouvelle étape. Acofi, spécialiste du sujet, met à présent les créances commerciales des entreprises à la portée des investisseurs en quête de rendement pour leur trésorerie court terme. A la différence des titrisations commerciales qui leur étaient accessibles jusqu’ici, le véhicule lancé par Acofi va proposer comme sous-jacent des créances de PME et même de TPE. En outre, il ne s’agit plus de titrisation – les investisseurs y sont toujours très réticents – mais d’un refinancement de créances court terme – 45 jours en moyenne – sans transformation ni « tranchage », via un fonds de prêt à l’économie. De quoi justement répondre au souhait des investisseurs de financer en direct l’économie et leur assurer un traitement prudentiel favorable. « Notre réflexion sur les besoins des investisseurs institutionnels, en période de taux bas et négatifs, nous amène à rechercher des actifs de très bonne qualité, dans des volumes importants, explique Nicolas Fourt, directeur général délégué d’Acofi. Les créances commerciales des entreprises représentent une poche d’actifs évidente d’environ 250 milliards d’euros en France, soit un montant comparable aux besoins d’investissement à court terme des investisseurs. »

Des processus allégés

Mal couvert par l’affacturage classique, le marché des créances commerciales des PME et TPE intéresse désormais plusieurs fintech, et Acofi a estimé la solution de Finexkap suffisamment robuste pour gérer des volumes à la mesure des montants prêts à s’investir. Il s’agit d’enrôler des entreprises cédantes et de traiter des factures à grande échelle grâce à l’allègement des processus traditionnels de cessions de factures. La qualité de crédit des entreprises cédantes et celle de leurs clients sont passées au peigne fin, en même temps que la relation commerciale entre les partenaires : Finexkap dispose d’un algorithme puissant et d’un outil de scoring de bon niveau, ayant accès à des informations en temps réel. En outre, les créances sont systématiquement garanties grâce à un partenariat avec Euler Hermès. Depuis son lancement début 2015, la fintech enregistre un taux de défaut d’environ 0,05 %. Toutefois, « le véhicule d’Acofi prévoit des critères d’acceptation des risques plus stricts que ceux du FCT (fonds commun de titrisation) en place chez Finexkap AM », indique Nicolas Fourt. Ce dernier est en effet conçu en forme de titrisation avec prise en charge des premières pertes par Finexkap alors que le fonds d’Acofi n’est pas tranché.

Défi principal du montage, attirer les PME et TPE en grand nombre alors que l’affacturage est pour elles synonyme de lourdeur. Finexkap a prévu de simplifier l’ensemble du processus, renonçant à réclamer garantie ou caution aux dirigeants des petites entreprises et à tout engagement sur des volumes ou une durée. L’affacturage s’effectue en ligne et à la carte. « La technologie nous donne les moyens de répondre avec réactivité et flexibilité aux demandes des PME, en toute transparence sur les tarifs, assure Arthur de Catheu, codirigeant et cofondateur de Finexkap. Signe que notre offre répond à un vrai besoin de simplification, les deux tiers de nos clients reviennent, le taux de satisfaction est très élevé. » A ce jour, Finexkap a financé environ 50 millions d’euros de factures, avec un montant de 6.000 euros en moyenne pour plus de 6.000 entreprises . « Avec une croissance de 15 % à 20 % par mois, nous tablons sur un montant de créances financées de 80 millions en 2016 et plusieurs centaines de millions en 2017 », souligne Cédric Teissier, codirigeant et cofondateur de Finexkap. La start-up table notamment sur plusieurs partenariats conclus avec des experts-comptables, éditeurs de factures électroniques, plates-formes de marché B to B…

Acofi vise ainsi un lancement du fonds fin octobre et un engagement d’une centaine de millions d’ici fin 2017. « Le caractère pionnier de cette offre nous amène à envisager une montée en charge progressive, sans calendrier précis sur les volumes mais en comptant sur la capacité de Finexkap à monter en puissance », fait savoir Guillaume de Charry, directeur général adjoint, chargé du développement chez Acofi. A la clé, des coûts et des tarifs améliorés pour tous les participants. « Avec la montée en puissance de nos financements, nos charges et donc le coût du crédit ont vocation à diminuer, avec une offre qui devrait commencer à partir de 3,5 % par an, précise Cédric Teissier. De leur côté, les investisseurs du fonds obtiennent un rendement net de l’ordre de 1 % par an pour des placements liquides. »

Cédric Teissier et Arthur de Catheu,  codirigeants et cofondateurs de Finexkap.
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Cédric Teissier et Arthur de Catheu, codirigeants et cofondateurs de Finexkap.

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