Comment les fintechs chinoises dominent le marché des services financiers innovants

le 07/12/2016

Les fintechs chinoises se développent vite et attirent de nombreux financements, à l'heure où les levées de fonds connaissent des temps difficiles dans le monde, détaille une étude coordonnée par EY.

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La Chine, véritable eldorado des services financiers innovants ? Dans une étude réalisée par la banque singapourienne DBS et le cabinet Ernst & Young, la puissance des fintechs chinoises est détaillée, offrant à la Chine le statut de pays des fintechs.

L'étude explique que dans le secteur des paiements, 40% des utilisateurs chinois de services financiers se penchent vers les fintechs, un chiffre très élevé en comparaison avec ses voisins indiens (20%) ou singapouriens (4%). Sur le secteur du prêt c'est 14%, soit bien plus qu'en Inde (5%). Cette domination semble mondiale, un récent classement réalisé par CapGemini montre que 84% des Chinois ont utilisé les services d'une fintech dans l'année contre seulement 36% en France.

Cette bonne santé des sociétés financières technologiques chinoises est favorisée par un développement particulièrement élevé du e-commerce dans le pays. Il devrait représenter en 2016 47% du total des ventes digitales dans le monde (899 milliards de dollars, soit environ 18,4% du total des ventes dans le pays) contre 35% aux Etats-Unis (et 8% du total des ventes sur le territoire). Il devrait d'ailleurs encore grimper dans les prochaines années selon les estimations du rapport, en s'étendant aux régions plus rurales.

L'utilisation de la carte bancaire étant largement sous-utilisée dans le pays (0,29 carte par habitant en 2015 contre 3,3 à Singapour) les Chinois passent directement de l'utilisation du sacro-saint "cash" aux plateformes de paiements mobiles telles que Alipay, WeChat ou UnionPay Quick. Résultat, la Chine détient aujourd'hui 8 des 27 licornes dans le secteur, ces sociétés non cotées dont la valorisation est estimée au-dessus d'1 milliard de dollars. A titre d'exemple, Alipay représente désormais la moitié des paiements en ligne "tiers" (non bancaires), et 68% du marché du paiement mobile. 

La puissance de ces sociétés chinoises ne se matérialise pas seulement parmi les gros acteurs de la fintech. Selon le dernier classement Venture Pulse de KPMG du financement des fintechs par le capital risque, l'Asie est le seul continent à avoir vu les levées de fonds progresser au troisième trimestre. Les trois fintechs qui ont réalisé les plus grosses levées dans le monde sont chinoises.

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