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La longue marche vers une Union des marchés de capitaux en Europe

La longue marche vers une Union des marchés de capitaux en Europe
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Pour la Commission européenne, la perspective du Brexit milite pour des marchés de capitaux européens plus favorables à la marche des affaires et au financement des entreprises. Mais au delà de cette incantation, les avancées du projet d'Union des marchés de capitaux (UMC) restent encore modestes, selon les professionnels de la finance. 

Dès son arrivée à la tête de la Commission européenne à l'automne 2014, Jean-Claude Juncker a cité parmi ses priorités une UMC en Europe. L'enjeu est de favoriser le financement désintermédié des entreprises. Il s'agit aussi de favoriser l'intégration financière des membres de la zone euro et avec elle leur capacité à amortir les chocs économiques et financiers.

Début juin 2017, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, n'a pas semblé convaincre les professionnels de la finance lorsqu'il s'est félicité de la réalisation de 20 objectifs sur les 33 fixés initialement (titrisation, prospectus de levée de fonds, investissements dans les entreprises d'infrastructures, projets d'infrastructures ...). Parmi les projets restant figurent notamment le produit d'épargne retraite pan-européen, un cadre européen pour les obligations garanties, le renforcement des pouvoirs de l’Esma «dans certains domaines ciblés», une révision du traitement prudentiel des entreprises d’investissement pour l’adapter aux plus petites et un système de passeport pour les fintech.

Les milieux financiers attendent davantage, estimant que de nombreux obstacles à la croissance et la prospérité dans l’UE demeurent. Ils réclament notamment de nouvelles règles sur les faillites, la promotion de l'éducation financière et un cadre plus favorable sur la titrisation. 

Le projet d'UMC doit aboutir d'ici à 2019 à un marché intégré des capitaux dans les Etats membres de l'Union Européenne.  Concernant la titrisation, certains économistes craignent le retour de bulles (notamment immobilière) et le recours au "tranching" et aux CDS, qui ont pris les investisseurs et superviseurs par surprise avant la crise.