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LSE Deutsche Börse, l’union contrariée

LSE Deutsche Börse, l’union contrariée
(DR)

La Commission européenne a annoncé fin mars 2017 opposer son veto au projet de fusion entre Deutsche Börse et le London Stock Exchange (LSE). Cette opération, évaluée à 28 milliards d'euros et visant à créer le premier opérateur boursier européen, aurait conduit à la création d'un "monopole de fait" sur les marchés de la compensation des instruments à revenu fixe, a justifié la Commision.

Les deux opérateurs en sont à leur cinquième tentative de rapprochement dont trois publiques et deux informelles. L'enjeu du projet de fusion porte notamment sur l’acquisition de parts de marché des dérivés. Un enjeu devenu stratégique avec le changement de régulation applicable aux dérivés échangés de gré à gré en Europe (EMIR). Cette disposition impose désormais la compensation des dérivés de gré à gré. Le marché des dérivés OTC représente 600.000 milliards de dollars, dix fois plus que le marché des dérivés listés.

Les deux groupes possèdent la Bourse italienne en plus de celles d'Allemagne et du Royaume-Uni, ainsi que plusieurs des principales chambres de compensation européennes.

Pour apporter son feu vert au projet, la cession de MTS, la plate-forme italienne de négociation des instruments à revenu fixe de LSE, aurait constitué "une solution claire et sans ambiguïté" aux problèmes soulevés en matière de concurrence, mais les deux parties l'ont refusée, note la Commission européenne.

Le LSE et Deutsche Börse avaient en revanche proposé la cession de LCH.Clearnet, la chambre de compensation du LSE en France, une concession qui aurait bénéficié à l'opérateur Euronext, mais qui a été jugée insuffisante par l'exécutif européen.