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Les BFI se redimensionnent

Les BFI se redimensionnent

La crise financière de 2007 et les nouvelles contraintes réglementaires (Bâle III, séparation des activités) ont déclenché une nouvelle vague de transformations du paysage bancaire mondial. Certains établissements sortiront gagnants de cet épisode tourmenté et d'autres en paieront le prix fort. Tous devront revoir leur modèle.

Les banques européennes, particulièrement, se sont penchées avec empressement sur leurs ratios de fonds propres. Elles se sont engagées dans une vigoureuse politique de réduction de leur levier avec, à la clé, un redimensionnement de leurs périmètres d'activité. Parmi les repositionnements les plus spectaculaires, Barclays a mis en oeuvre en 2013 et 2014 une véritable cure d'amaigrissement. Cette restructuration modifie leurs relations avec les entreprises clientes tentées d'aller chercher auprès de la concurrence, souvent hors d'Europe, ou sur les marchés leurs financements. A terme se joue une perte de parts de marché pour certains établissements. La Banque des réglements internationaux (BRI) a commencé, dans un rapport publié début décembre 2012, à chiffrer le recul des crédits octroyés par les banques européennes en Asie, souvent au profit de leurs concurrentes asiatiques.

En 2013 toutefois, les banques d'investissement ont retrouvé des couleurs. A l'échelle mondiale, les commissions de conseil en fusions-acquisitions, de marchés primaires actions et obligations et de prêts syndiqués ont progressé de 3% à 79,8 milliards de dollars (58,6 milliards d'euros), selon Thomson Reuters. Le marché dépasse de peu les 79,4 milliards atteints lors de l'embellie de 2009, loin encore des 100 milliards de dollars de 2007.

L'emploi paie le prix fort de ces bouleverements. Selon l'étude du cabinet Roland Berger, publiée en juillet 2012, une nouvelle vague de réduction des coûts devrait entraîner la disparition de 75 000 emplois dans la banque de financement et d'investissement européenne d'ici à 2017, soit 15 % du total du secteur. Au total, ce sont 180 000 emplois qui pourraient disparaître dans le secteur bancaire européen d'ici à 2016, soit 6 % des effectifs.