Dossier

Le trading à haute fréquence dénoncé

Le trading à haute fréquence dénoncé

Le trading à haute fréquence (ou « high frequency trading ») a pris une ampleur considérable sur les marchés boursiers, au point de représenter plus du tiers des volumes sur Nyse Euronext en Europe et plus de la moitié aux Etats-Unis. Cette pratique consiste à envoyer des milliers d'ordres par seconde grâce au recours à des outils électroniques (algorithmes), qui détectent des écarts de prix entre acheteurs, marchés ou valeurs.

Elle a été rendue possible par l'innovation technologique, mais aussi par la directive MIF (Marchés d'instruments financiers) qui a imposé la concurrence entre les bourses. Ce nouveau cadre réglementaire s'est traduit par la création de multiples plates-formes de négociation des actions (MTF, dark pools, internalisateurs...), et donc par une grande fragmentation des marchés. Les arbitragistes y trouvent de nouvelles sources de plus-values, parfois aux dépens du bon fonctionnement des bourses. Une situation dénoncée aujourd'hui par beaucoup d'intervenants et par les régulateurs. 

De leur côté les autorités s'efforcent de réagir. En France, la Taxe sur les transactions financières (TTF) mise en oeuvre le 1er août 2012 a plus particulièrement touché le trading à haute fréquence. En Allemagne, il a été décidé fin septembre que les acteurs devront présenter à la Bafin leurs modèles et les annulations d'ordres excessives seront taxées. Mi octobre 2013, la Commission européenne, le Parlement et les Trésors des Etats membres sont parvenus à un accord pour restreindre le trading à haute fréquence. Aux Etats Unis, Goldman Sachs songeait, début avril 2014, à quitter le floor du New York stock exchange, dans le sillage de Bank of America (2011).