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Les banques d’investissement sont mises au régime sec

le 05/04/2019

Alexandre Garabedian,

Le quatrième trimestre 2018 a été éprouvant pour les banques d’investissement ? Le premier trimestre 2019 s’annonce tout aussi maussade. La disette d’opérations financières en ce début d’année devrait faire plonger de 25% les revenus des banques d’investissement européennes, selon les statistiques publiées jeudi par Refinitiv. Le plongeon s’annonce particulièrement violent dans les activités de primaire actions, le premier trimestre s’étant révélé bien pauvre en introductions en Bourse et en augmentations de capital. L’activité de fusions acquisitions signe aussi son pire début d’année depuis six ans.

Paradoxalement, les marchés boursiers se portent aujourd’hui comme un charme, avec de grands indices en hausse de près de 15% depuis le 1er janvier. La correction brutale de la fin 2018 a été effacée. L’euphorie prévaut également sur les marchés obligataires. Le problème est que ce rebond s’est fait sans flux. Beaucoup d’investisseurs ont raté une hausse largement soufflée par le revirement des grandes banques centrales.

Dans le même temps, l’incertitude que fait peser le Brexit sur les marchés de capitaux européens incite les dirigeants d’entreprise à se tenir sur la réserve. Aux Etats-Unis, c’est le shutdown de l’administration américaine qui a mis Wall Street à l’arrêt en début d’année, avec une reprise des projets de cotation depuis le mois de mars seulement. Si l’on ajoute à ce sombre tableau la faiblesse de la volatilité, qui pénalise les activités de trading, les banques d’investissement ne sont pas à la fête.

La plupart des grands noms de Wall Street ont déjà averti leurs actionnaires qu’ils devaient s’attendre à de piètres résultats au premier trimestre. Voilà qui confortera le secteur dans sa volonté de réduire la voilure. Jeudi, le japonais Nomura a annoncé son souhait d’économiser 600 millions de dollars dès juin 2020 dans sa banque d’investissement, aujourd’hui déficitaire. Vers la mi-avril, ce devrait être au tour de la Société Générale de préciser en interne la portée du vaste plan d’économies que la banque française prépare dans ces métiers depuis plusieurs semaines.

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