La chronique de l'actualité

Une pierre dans le jardin des banques françaises

le 17/01/2019

Alexandre Garabedian

Les turbulences de marché de la fin 2018 présentent leur facture aux banques. BNP Paribas aurait ainsi perdu 80 millions de dollars dans ses activités de trading à New York dans les derniers jours de décembre. Le groupe ne fait aucun commentaire sur ces chiffres, révélés par l’agence Bloomberg, mais une chose est sûre : son responsable du trading sur les indices actions américains, qui était parti en vacances juste avant Noël, a définitivement quitté la banque. Il paierait ainsi des paris à contre-sens sur des produits dérivés qui avaient pour référence l’indice S&P 500.

Les derniers jours de l’année sont d’ordinaire calmes sur les marchés. Mais fin 2018, Wall Street a connu des mouvements particulièrement violents. L’indice S&P 500 a ainsi perdu près de 8% en 4 séances, du 19 au 24 décembre, avant de rebondir de 5% sur la seule journée du 26 décembre.

Les mésaventures de BNP Paribas dans les dérivés actions font écho à celles de Natixis. Le mois dernier, la filiale de BPCE a indiqué que des pertes en Asie lui coûteraient autour de 260 millions d’euros dans ses comptes du quatrième trimestre. La forte volatilité des marchés actions asiatiques a fait exploser un produit structuré que Natixis avait construit autour de l’indice Kospi de la Bourse de Séoul, et qu’elle avait vendu pour l’essentiel à des clients particuliers et de banques privées.

Pour les banques françaises, ces revers sont d’autant plus fâcheux que les dérivés actions constituent historiquement une vache à lait pour leurs activités de marché. Si Natixis n’a jamais été un acteur de premier rang dans ces métiers, BNP Paribas et la Société Générale figurent parmi les leaders mondiaux. A ce jour, la Société Générale semble avoir échappé au coup de torchon, mais nul doute que ses résultats du quatrième trimestre, publiés le 7 février prochain, seront particulièrement surveillés.

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