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Les loans, un marché de la dette en surchauffe

le 31/10/2018

Alexandre Garabedian

Les loans seront-ils les nouveaux subprime ? Réserve fédérale, Banque d’Angleterre, Banque des règlements internationaux… : depuis la rentrée, chacun y va de son avertissement concernant ces dettes d’entreprises d’un genre particulier. La semaine dernière, c’est Janet Yellen, l’ex-présidente de la Fed, qui a évoqué un risque systémique.

Les leveraged loans sont en effet accordés à des entreprises fortement endettées, souvent détenues par des firmes de capital investissement. Ils sont donc plutôt rémunérateurs dans cette période de taux bas. Puis ces prêts sont revendus à des investisseurs institutionnels, assureurs ou fonds de pension, par le rendement alléchés. La moitié des loans sont aujourd’hui titrisés sous forme de CLO.

Si les superviseurs financiers se font désormais entendre, c’est que le marché apparaît en surchauffe. Depuis 2007, sa taille a doublé pour dépasser les 1.000 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis, soit l’équivalent du marché obligataire à haut rendement. Dans le même temps, les conditions de souscription se sont détériorées : le levier des entreprises qui se financent avec des loans n’a cessé d’augmenter, ce qui rend les dossiers plus risqués. Près de 90% des contrats de prêts bénéficient aussi de clauses juridiques allégées, qui offriront moins de protection aux prêteurs en cas de faillite de l’emprunteur.

Même si les taux d’intérêt restent bas et l’activité des entreprises solide, la prudence est donc de mise. Maigre consolation, à la différence des crédits immobiliers subprime, les loans sont déjà considérés comme des produits risqués par les agences de notation, et les banques ne s’en servent pas de monnaie d’échange pour se financer à court terme. Mais cette fois, les investisseurs ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus.

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